Gouvernement vs Télécoms: la bataille des taxes relancée

Le bras de fer s’intensifie entre l’Etat malgache et le Groupement des télécommunications de Madagascar (GTM). Après une intervention télévisée des autorités lundi soir sur la TVM et la RNM, les opérateurs ont répliqué dans un communiqué publié hier. Le ton monte, révélant un malaise devenu impossible à ignorer.

Le gouvernement refuse de supprimer les taxes demandées par les opérateurs en échange d’une baisse des tarifs Internet. Il exige des compromis et menace de prendre des mesures si les entreprises persistent dans leurs revendications. Face à ces déclarations, le GTM dit « regretter de n’avoir pas été invité à ce débat », évoquant qu’une participation aurait « permis de clarifier des incompréhensions manifestes ».
Selon le groupement, le ministère de tutelle leur avait demandé d’évaluer la faisabilité d’une baisse «significative et rapide» des prix de l’Internet mobile. Mais les opérateurs rappellent qu’ils évoluent dans un environnement particulièrement contraignant : taxes sectorielles parmi les plus élevées du continent, explosion du coût des licences et fréquences, dégradation du contexte macro-économique, flambée des prix de l’énergie, mais aussi concurrence jugée «déloyale» d’un acteur non soumis aux mêmes obligations fiscales et réglementaires.
Malgré cela, les opérateurs disent avoir accepté le principe d’une réduction des tarifs, à condition que certaines taxes récentes soient supprimées, notamment les droits d’accises de 8 % sur les télécoms et de 5 % sur le mobile money, ainsi que les taxes sur l’importation des smartphones bon marché. D’après eux, ces prélèvements freinent la démocratisation du numérique et encouragent les circuits parallèles.

400 milliards d’ariary de recettes fiscales

Le GTM affirme avoir démontré aux autorités que ces suppressions, déjà appliquées ailleurs en Afrique, «n’entraîneraient aucune baisse des recettes fiscales de l’État». Il rejette par ailleurs les chiffres évoqués par le gouvernement. « Les opérateurs n’ont jamais demandé la suppression de 215 milliards d’ariary d’impôts », précise le communiqué. Au contraire, ils s’engagent à garantir 400 milliards d’ariary de recettes fiscales en 2026, estimant que la baisse des prix dynamiserait le marché.
Sur le terrain, les tarifs restent très contrastés. Les forfaits mobiles débutent autour de 25.000 ariary pour 5 Go, tandis que les offres fibre varient autour de 99.000 ariary. Le ministère du Dé­veloppement numérique, des Postes et des Télé­com­munications (MNDPT), pour rappel, a fixé un prix de 0,95 dollar par Go depuis le 1er avril 2024, contre 7,24 dollars en 2019, mais les écarts persistent selon les prix proposés et la durée de validité.
Le GTM dit rester ouvert au dialogue et appelle à éviter toute « désinformation ». Il exhorte enfin les autorités, notamment le Premier mi­nistre et le président de la Refondation, à améliorer la LFI 2026 «pour répondre aux aspirations des consommateurs».

Arh.

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