Restitution des îles éparses: des négociations discrètes en coulisses

Dans une interview accordée à la chaîne russe RT en français, le 20 novembre, le président de la Refondation de la République de Madagascar, Michaël Randrianirina, a révélé que des négociations discrètes sont en cours entre Madagascar et la France sur la question des îles Eparses.

«Nous sommes en train de négocier en coulisses. Vous verrez ce que cela va donner dans quelques mois, ou dans un an », a admis Michaël Ran­dri­anirina, sans vouloir entrer dans les détails. Visible­ment, il souhaite que les discussions soient à l’abri des pressions médiatiques et diplomatiques.
Ce dossier hautement sensible, qui mobilise depuis des décennies l’opinion pu­blique malgache, est remis sur la table loin du feu mé­dia­­tique. Les Îles Eparses à savoir Europa, Bassas da India, Juan de Nova et les Glorieuses, constituent l’un des enjeux géopolitiques majeurs entre Madagascar et la France.
Pour le peuple malgache, il s’agit d’une revendication identitaire et souveraine. Michael Randrianirina l’a rappelé clairement que « les Îles Eparses, c’est un sujet qui tient à cœur le peuple malgache ». Et la demande de restitution de ces piles fait partie intégrante de son programme.
Pour rappel, après avoir été interrompue pendant près de six ans, les négociations ont repris le 30 juin 2025, à Paris, plus précisément au Quai d’Orsay. Et la dernière table ronde datait du 18 novembre 2019, laissant le dossier en suspens pendant une période marquée par des changements politiques à Madagascar et par une prudence diplomatique de la France. Madagas­car y a exposé ses revendications souveraines, jugées légitimes.

Lutte contre la corruption

Concernant la lutte con­tre la corruption, le Colonel Michaël Randrianirina a déclaré à la presse russe que les hauts responsables im­pliqués dans des affaires
de corruption seront jugés devant le tribunal de première instance, et non à la Haute Cour de Justice. A ce sujet, les autorités compétentes ont déjà reçu des instructions claires. D’après lui, cela démontre la volonté de l’Etat de lutter contre la corruption et de récupérer les fonds détournés. Il a également affirmé que le gouvernement répond aux attentes de la jeunesse malgache, avec un mandat de deux ans pour mener à bien les réformes nécessaires. Selon lui, Mada­gascar est en période de réforme, et non de transition, et une concertation nationale sera organisée pour définir l’avenir du pays.
Vision pour les années à venir

« Madagascar est un pays riche mais on n’a pas su exploiter notre richesse », a déclaré le Président. Pour éviter les erreurs du passé, notamment celles attribuées à l’ancien régime, Randria­nirina défend une vision ambitieuse, celle de mettre en place des structures de gestion efficaces, exploiter de manière optimale les ressources nationales, transformer le pays à travers la con­certation et jeter les jalons d’une refondation solide et durable.

Entre mesures d’urgence, réformes structurelles, ou­ver­ture diplomatique et négociations sensibles au­tour des Îles Eparses, le chef de l’Etat trace une trajectoire politique qui entend répon­dre aux attentes sociales tout en repositionnant Mada­gas­car sur la scène internationale.

N.A

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