Transport urbain: le train urbain en phase test le 15 décembre

Le train urbain enfin sur les rails. Le ministre des Transports et de la Météorologie, Juste Crescent Raharisone, a annoncé hier que le premier test grand public débutera « à partir du 15 décembre ».

En suspens, malgré l’annonce de plusieurs da­tes de lancement, le train urbain d’Antananarivo sera en phase test prochainement. Ce test grandeur nature précédera l’ouverture officielle du service. Le tarif reste en discussion, mais « il ne devrait pas dépasser 3.000 ariary », assure le ministre.
Ce train peut transporter près de trois cents passagers par voyage, avec un temps de trajet estimé entre 30 et 40 minutes, reliant Soarano à Amoronankona d’une distance de 12 km. Une fois cette phase test concluante, le train urbain sera officiellement opérationnel et pourra transporter jusqu’à 3.000 passagers.

Bus thermiques et transport par câble

Dans la foulée, la Société d’exploitation du Train urbain (SETI), qui pilote le projet, hérite d’une mission élargie. Elle doit également gérer les 300 bus thermiques et électriques récemment importés de Chine, dans le cadre de la modernisation du transport urbain. Ces véhicules devront être rapidement déployés pour éviter leur dégradation. Une réforme interne est en cours pour permettre à la SETI d’assumer pleinement ses nouvelles responsabilités.
Le ministre a aussi fait le point sur le dossier du Tran­sport par Câble. Les équipes techniques évaluent déjà les dégâts et préparent le programme de remise en état. En parallèle, plusieurs mini­s­­tères travaillent ensemble pour définir un modèle de gestion adapté à cette infrastructure.
Des échanges sont également en cours avec les bail­leurs de fonds et les entreprises impliquées, Po­ma et Colas. Pour Juste Crescent Raharisone, les infrastructures héritées des précédents gouvernements doivent être préservées. « Ce sont des biens publics », rappelle-t-il, rejetant toute idée d’abandon par principe politique.

Ferroviaire, un virage tactique

Le ministre a par ailleurs détaillé la nouvelle stratégie gouvernementale concernant le réseau ferroviaire, avec Madarail au centre des priorités. Face à la chute de sa capacité de transport d’hydrocarbures, passée d’environ 15.000 à 18.000 tonnes à seulement 6.000 tonnes par mois, l’Etat a tranché. « Plutôt qu’une subvention, un prêt sera débloqué rapidement », explique-t-il. L’objectif est de reconstituer les stocks de pièces et de remettre en service le matériel roulant essentiel.
Le ministre estime qu’il n’est plus viable de maintenir une entreprise sous perfusion permanente. Ce fi­nan­cement d’urgence sera accompagné d’une réflexion sur la gouvernance de Ma­darail, notamment au niveau du conseil d’administration.
Un appui majeur de 130 millions de dollars de la Banque mondiale est également attendu. Cette enveloppe doit permettre la rénovation de la voie ferrée, l’achat de locomotives et de wagons, ainsi que la modernisation de plusieurs infrastructures. La ligne FCE (Fianarantsoa-Côte Est), in­dispensable aux communautés locales, fait aussi l’objet d’une attention particulière. Fragilisée par l’état de ses infrastructures, elle nécessite une solution durable pour éviter toute interruption de service. Le ministre prévient : son éventuel arrêt aurait des conséquences sociales et économiques non négligeables.

Arh.

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