Zo Andriambololona vient de franchir un cap décisif. A 30 ans, cette judokate malgache a décroché hier sa toute première médaille sur la scène continentale lors de l’Open africain d’Abidjan 2025. Une argenterie étincelante en catégorie -78 kg, qui couronne un parcours jalonné d’obstinations et de quasi-succès, et qui infuse une bouffée d’optimisme au judo malgache, souvent relégué aux marges des podiums.
Née le 3 juin 1995 sous le ciel clément de Madagascar, Hajanirina Zo Andriambololona de son nom complet a longtemps incarné la figure de l’outsider tenace. Classée 85e au ranking mondial IJF, elle n’a jamais ménagé ses efforts pour hisser le drapeau malgache au-delà des 7es places qui ont trop souvent scellé ses ambitions passées. Rappelons ce fil d’Ariane de combats : en avril 2017, aux Championnats d’Afrique seniors de Casablanca, une 7e place qui goûtait déjà à l’amertume du potentiel inexploité. Puis, en août 2019, aux 12es Jeux africains de Rabat, une nouvelle 7e place en -78 kg, comme un écho lancinant à sa détermination farouche. La parenthèse 2020, marquée par une 7e place aux Championnats d’Afrique à Antananarivo chez elle, paradoxalement, n’aura été qu’un prélude à des participations plus discrètes, comme à l’Open africain de Dakar en novembre 2023 ou à Pretoria en juin dernier. Et que dire de sa 5e place aux Championnats d’Afrique seniors d’avril 2025, toujours à Abidjan, où la médaille lui avait effleuré les doigts, signe avant-coureur d’un éclat à venir ?
Hier, sous les lumières crues du Palais des Sports de Treichville, Zo a su transformer l’essai. En demi-finale, face à Rania Bouallal, l’Algérienne non classée qui osait défier la logique des tapis, la Malgache a déployé une maestria impitoyable. Dès les premières secondes, le combat s’est mué en une démonstration de précision chirurgicale : un ippon fulgurant, suivi d’un yoko-shiho-gatame implacable après
2 minutes et 16 secondes d’un bras de fer haletant. Bouallal, prise au piège de cette emprise malgache, n’a eu d’autre choix que de céder, laissant Zo filer vers la finale avec l’assurance d’une conquérante qui sent enfin le vent tourner.
Mais le judo, art de la fugacité, réserve ses revers aux plus audacieuses. En finale, c’est Lou Carlie Bah, la prodige ivoirienne classée 160e mondial, qui a su renverser la vapeur. Sur les 4 minutes réglementaires, le duel s’est étiré en une danse d’esquives et de feintes, où chaque saisie portait l’empreinte d’une intensité palpable. Bah, portée par l’élan du public abidjanais, a finalement arraché la victoire par un waza-ari décisif, laissant Zo à la porte de l’or mais auréolée d’une médaille d’argent qui pèse son poids de gloire. A 30 ans, cette brevette n’est pas un aboutissement, mais un tremplin : la première internationale pour la Malgache, qui avait jusqu’ alors accumulé les expériences sans le sceau du podium.
Naisa




