Réveillon de la Saint-Sylvestre : peu d’événements sont annoncés

Qu’il est loin, le temps des grandes soirées animées par des artistes de renom pour célébrer la Saint-Sylvestre. Cette année, la capitale ne propose qu’un nombre très limité d’évènements pour le réveillon. Beaucoup d’artistes ont d’ailleurs décidé de passer cette soirée à l’étranger, laissant Antana­narivo dans une ambiance plus calme qu’à l’accoutumée.

Autrefois, la soirée du 31 décembre représentait pour beaucoup l’occasion idéale pour sortir, se mettre sur son trente-et-un et profiter d’un moment festif entre amis, en famille ou en couple. Les coupes de champagne, les buffets gastronomiques et surtout la présence de grands artistes faisaient partie intégrante de ces célébrations. Les organisateurs redoublaient d’efforts pour offrir une nuit inoubliable, marquant dignement la fin d’une année et l’entrée dans la nouvelle. Dès le début du mois de décembre, les spots publicitaires résonnaient partout, envahissant les ondes locales et les chaînes télévisées pour annoncer ces soirées tant attendues.
Mais cette année, le silence semble avoir pris la place de l’effervescence habituelle. Très peu d’évènements parviennent à maintenir la tradition. Parmi les rares exceptions, on peut citer la soirée de la Saint-Sylvestre animée par Njakatiana, prévue dans un hôtel cinq étoiles à Ivato. Mais cela reste une initiative isolée face à la baisse générale de l’offre festive.

Une organisation devenue risquée «Ces dernières années, créer un évènement comme à l’époque devient un risque, surtout à Madagascar», explique Hantaniana Ratovo, propriétaire d’un espace événementiel à Antananarivo. Selon elle, les obstacles se multiplient. Pour attirer le public, il faut faire appel à un grand artiste, dont le cachet atteint aujourd’hui des sommes faramineuses,
au moins une dizaine de millions d’ariary. «Et pourtant, l’artiste ne pourra pas assurer l’animation jusqu’
au petit matin. Nous devons donc engager un DJ en plus, pour garantir l’ambiance», précise-t-elle.
A cela s’ajoutent des dépenses considérables en communication, indispensables pour toucher le public. «La communication coûte elle aussi des millions d’ariary. Cette somme est déjà très lourde pour un seul évènement, alors que la venue du public reste incertaine», poursuit-elle. L’organisation d’une soirée de Saint-Sylvestre est donc devenue un pari risqué, où les charges dépassent souvent les bénéfices potentiels.

Des dépenses lourdes également pour les noctambules
«Et le temps est dur, actuellement», ajoute-t-elle. Du côté du public, les dépenses sont également élevées pour participer à une grande soirée. Le prix d’entrée est souvent coûteux, car il inclut généralement le buffet. A cela s’ajoutent la tenue vestimentaire, la coiffure, la mise en beauté et surtout la nécessité d’être véhiculé. «Une personne peut dépenser environ 300.000 ariary durant cette soirée, selon les sites», indique-t-elle. Face à ces coûts, beaucoup préfèrent organiser des fêtes privées entre amis ou en famille.
S’ajoute aussi un facteur de réticence qui est la peur concernant les repas servis lors des grandes soirées, depuis l’évènement chaotique d’Ambohimalaza au mois de juillet dernier. Cette inquiétude reste encore très présente dans les esprits à Madagascar.
Enfin, les artistes eux-mêmes privilégient désormais les prestations à l’étranger. Beau­coup d’entre eux ont des programmes spéciaux pour satisfaire la diaspora malgache. Cette tendance se confirme cette année, où même la célèbre soirée organisée par la RDJ se tiendra… à Paris.

Holy Danielle

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