A Marrakech, les 11èmes Rencontres Internationales des Echecs Francophones ont offert un spectacle d’une rare intensité, où le jeune Maître international (MI) malgache, Milanto Harifidy Ralison s’est illustré avec une maestria qui force l’admiration. A seulement 24 ans, le porte-drapeau de Madagascar, fort de ses 2.236 points Elo, a signé une performance éclatante dans le tournoi classique, terminant vice-champion avec 7,5 points sur 9, juste derrière le Grand Maître français Jean-Marc Degraeve.
Dès les premières rondes, Ralison a imposé un rythme infernal, enchaînant les victoires avec les pièces noires comme un vrai spécialiste de la défense. Face à des adversaires marocains ou espagnols modestement côtés, il a déroulé son jeu positionnel avec une précision chirurgicale, exploitant les moindres faiblesses pour convertir en points pleins. Mais le véritable coup de tonnerre est survenu à la quatrième ronde : avec les noirs, il a fait plier le Grand Maître Romain Edouard, pourtant armé de 2.545 Elo, dans une partie où son sens tactique a brillé, rappelant ces exploits qui marquent une carrière. La ronde suivante, contre la WGM canadienne Maili-Jade Ouellet, a confirmé cette veine: une victoire convaincante qui portait son score à 5 sur 5, un départ canon qui plaçait déjà le Malgache en orbite.
Seule ombre au tableau, une défaite en sixième ronde face à Degraeve, le futur vainqueur, où les blancs du Français ont su imposer une pression inexorable. Ralison a rebondi aussitôt, remportant deux victoires supplémentaires avant de concéder une nulle logique contre l’IM monégasque Damir Levacic en dernière ronde. Ce demi-point final lui assure la deuxième place, devant Edouard himself, et une performance Elo qui frôle les sommets pour un joueur de son niveau.
Dans le tournoi rapide, Ralison a poursuivi sur sa lancée, accumulant 7,5 points sur 9 pour s’offrir une belle troisième marche du podium. Sa performance à 2.327 Elo, assortie d’un gain de plus de 18 points, témoigne d’une adaptation fulgurante à la cadence accélérée : victoires solides contre des adversaires locaux, un exploit contre la WIM grecque Pavlidou, et une nulle précieuse face à Degraeve en avant-dernière ronde. Seule une défaite contre Anwoir a tempéré cette chevauchée, mais le Malgache a su garder le cap pour monter sur la boîte.
Le blitz, en revanche, s’est révélé plus âpre, avec 8 points sur 11 et une cinquième place finale. Malgré un début tonitruant – quatre victoires d’affilée avec les blancs –, des revers contre Ouellet, Edouard et Patuzzo ont freiné son ascension, pour une performance à 2.216 Elo et une légère perte au classement. Dans ces parties éclair, où le zeitnot guette à chaque coup, Ralison a montré des fulgurances, mais aussi que la cadence infernale du blitz reste son terrain le plus exigeant.
Naisa




