Galerie Ivokolo Analakely: Randriam fête ses 50 ans de peinture

L’artiste peintre et médecin urgentiste, Louis Gaston Randriambolaharisoa (Randriam) a inauguré hier, à l’Ivokolo Analakely, la célébration de ses 50 ans de carrière picturale à travers une exposition personnelle intitulée « Retour à la source », ouverte au public jusqu’au 16 février 2026.

Cette installation monumentale, présentée pour la première fois à Madagascar, réunit 95 œuvres retraçant le travail d’une vie menée avec passion et minutie. Dès l’entrée de l’Ivokolo, deux toiles de grand format à l’huile ac­cueillent les visiteurs : «Bi­vouac» et «Feom-baliha mody masoandro».
«Toutes les toiles exposées ont été peintes dans mon atelier en France. J’ai puisé dans mes souvenirs pour réaliser la majorité de ces tableaux. Tout ce qui m’attire et me marque, je fais en sorte de le mémoriser et de le reproduire afin de le transmettre à mon entourage», a expliqué l’artiste lors du vernissage, en présence de ses proches et de plusieurs artistes peintres de la capitale.
L’exposition se distingue par la diversité de ses sujets, comme les baobabs majestueux, rizières, pirogues, marchés ruraux, scènes de kabary et musique traditionnelle.
«Quand je peins Mada­gascar, je retrouve les odeurs et les couleurs de mon enfance», confie-t-il avec émotion. Initialement prévu au mois de novembre, le rendez-vous a finalement été fixé ce mois-ci en raison du contexte national exceptionnel.
Homme de cœur, Louis Gaston Randriambolaha­risoa a également décidé de dédier une partie des recettes issues de la vente des œuvres à une action caritative en faveur des plus démunis. «Le talent ne vient pas de moi, je ne fais que l’entretenir. En retour, je fais profiter de ce don à ceux qui en ont le plus besoin», souligne le médecin-peintre.
Animé par un devoir de transmission et d’héritage, l’artiste nourrit le rêve de voir naître à Madagascar un grand Musée d’Art moderne ainsi qu’une véritable Ecole des Beaux-Arts. Dans l’attente de ce projet ambitieux, il souhaite déjà contribuer à l’amélioration des infrastructures culturelles de la capitale.
Après avoir obtenu l’aval du ministre de la Commu­nication et de la Culture, il a fait remplacer les éclairages de la galerie Ivokolo et repeindre ses murs. «C’est pour que les autres artistes visuels puissent, à leur tour, présenter leur travail dans des conditions optimales», conclut-il.

Joachin Michaël

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