Ampefiloha sous tension: les normaliens embrasent la rue pour leurs bourses et logements

La colère a explosé hier à Ampefiloha. Les étudiants de l’Ecole normale supérieure (ENS) ont quitté les amphithéâtres pour investir la rue, bloquant la circulation et incendiant des pneus en plein milieu de la chaussée. Une démonstration de force pour exiger le paiement immédiat de leurs bourses d’études, toujours impayées pour près de 140 étudiants, dont certains n’ont rien perçu depuis le début de l’année universitaire.

Très vite, la situation a dégénéré. Les axes menant à Ampefiloha ont été paralysés, plongeant les automobilistes dans de longues files d’attente. Les forces de l’ordre sont intervenues pour tenter de dégager la voie. Des échauffourées ont alors éclaté entre étudiants et policiers, dans un climat électrique marqué par des jets de projectiles et des mouvements de foule, avant un retour progressif au calme.
Au cœur de la mobilisation, une double revendication. D’un côté, le versement des bourses d’études, réclamé depuis des mois sans réponse satisfaisante. De l’autre, la restitution de la cité universitaire d’Ampe­filoha, que les étudiants disent indispensable face à la flambée des loyers. Selon eux, ce logement serait occupé depuis 2007 par le ministère de la Jeunesse et des sports pour héberger des athlètes, au détriment des étudiants.

Ultimatum de 24 heures

Déterminés, les manifestants ont donné 24 heures aux autorités compétentes pour apporter des solutions concrètes. Sans réponse, ils menacent de durcir le mouvement, laissant planer la crainte de nouvelles perturbations dans la capitale.
Ironie du calendrier, la veille de la manifestation, le Men annonçait, via une note publiée sur sa page Face­book, le recrutement de 1.000­ enseignants issus des ENS pour les lycées et collèges publics. Une annonce accueillie sans enthousiasme par les manifestants qui es_timent que les promesses d’em­ploi ne peuvent masquer l’urgence sociale act­u­elle. Dans le cadre de l’exercice 2025, le Men prévoit en effet de recruter des enseignants selon les principes d’égalité des chances et de mérite, en fonction des be­soins des établissements.
Le recrutement est ou­vert aux sortants des ENS titulaires du Lapen, Capen ou Mepen, âgés de 21 à 45 ans, et disposant de bonnes conditions physiques et mentales. Sur le terrain toutefois, le message est clair, avant de parler de recrutement, les étudiants exigent le respect de leurs droits fondamentaux.

Fahranarison

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