Comme il fallait s’y attendre le moment venu, des acteurs politiques, dont la majorité d’entre eux ne sont plus en odeur de sainteté dans leurs circonscriptions d’origine, tentent de reprendre la main. C’est, du moins, l’objectif affiché des 103 partis politiques en signant récemment un accord controversé portant sur la dissolution des institutions étatiques. Cette prise de position, à peine rendue publique, ne semble pas faire l’unanimité auprès de l’opinion.
Il faut reconnaître que les signataires n’ont pas fait dans la dentelle. En proposant la nomination de douze hauts conseillers civils pour accompagner les militaires à la tête de la transition, ils ont tiré des plans sur la comète. Dans un contexte politique déjà fragile, où la population réclame avant tout de la stabilité et des réponses socioéconomiques immédiates, cette démarche s’apparente à une manouvre politique pour répartir des sièges et du pouvoir au sein de la République de la Refondation. Ils veulent leur part du gâteau de façon opportuniste.
Mais le vrai problème réside dans le fait qu’il s’agit d’une pléthore de partis politiques inactifs et absents sur le devant de la scène. Ils n’ont ni maires, ni députés, ni conseillers municipaux. Autrement dit, aucune assise électorale récente, aucune preuve tangible d’un soutien populaire. Dans ces conditions, revendiquer des postes au sommet de l’Etat, même dans le cadre transitoire, relève davantage de la nostalgie politique que de la légitimité démocratique.
Les réseaux sociaux, devenus baromètre de l’opinion publique depuis quelques temps, y vont de leurs commentaires. Beaucoup y voient une tentative classique de recyclage politique, comme c’est le cas à chaque période transitoire. Dans un pays où la défiance envers la classe politique reste profonde, ce genre de démarche ne pouvait que réveiller les soupçons. Plus encore, le refus catégorique déjà exprimé par le parti Tim vient renforcer cette impression d’un accord construit sans réel consensus.
Rakoto




