Matière à réflexion

Dans un rapport publié récemment, la Banque mondiale a averti que 1,2 milliard de personnes âgées de 15 à 24 ans entreront sur le marché du travail d’ici 2035 dans les pays en développement. Un énorme chiffre qui devrait faire réfléchir les responsables de ces pays, parmi lesquels nos dirigeants actuels.
Et justement, il y a quelques mois encore, le pays vibrait au rythme des revendications de la Gen Z. Une jeunesse connectée qui exigeait qu’on parle enfin d’avenir et de perspectives. Puis, comme souvent, la tempête est retombée. On a rangé le dossier quelque part et pourtant, s’il y a bien un sujet qui devrait faire sonner toutes les alarmes, c’est celui de l’emploi des jeunes.
Parce que, disons-le franchement, si la pauvreté est un défi, le chômage des jeunes est une bombe à retardement. Et quand on regarde ailleurs, on se dit que Madagascar n’est pas seul et les chiffres donnent parfois le vertige. C’est le cas en Inde où les chemins de fer ont reçu 18,7 millions de candidatures pour… 60.000 postes l’année dernière. Et 1,8 million de personnes se sont battues pour 50.000 places dans la Fonction publique au Nigeria. Mais cela ne devrait pas nous rassurer. Loin de là.
Car, chez nous il y a certes une jeunesse dynamique mais elle est laissée trop souvent livrée à elle-même. Après les mouvements de septembre dernier, on aurait pu s’attendre à ce que la politique s’empare durablement du sujet. Mais l’actualité est capricieuse et l’urgence d’hier devient autre chose aujourd’hui. Il suffit d’ailleurs de lancer un appel à candidatures pour un quelconque poste pour voir les CV s’entasser, ou d’autres arnaqueurs qui arrivent encore à faire miroiter des jeunes aux emplois à l’extérieur. Tout cela pour dire que les urgences ne manquent pas, et celles qui nous touchent devraient être prises très au sérieux.

Rakoto

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