Conflit au Moyen-Orient : l’Etat anticipe la crise pétrolière mondiale

L’escalade du conflit au Moyen-Orient, secoue les marchés pétroliers et alimente des craintes de perturbations sur l’offre de brut. Mais à Madagascar les autorités se veulent rassurantes, en annoncent des mesures d’anticipation pour faire face à une éventuelle crise pétrolière. Des réunions en haut lieu auront lieu, pour décider des stratégies à adopter.

Dans un communiqué publié hier, l’Office malgache des hydrocarbures (OMH) affirme que «la situation d’approvisionnement en carburant à Madagascar demeure stable et sécurisée». L’organisme précise que «l’approvisionnement en carburants se déroule normalement à ce jour».
Madagascar dispose de stocks jugés suffisants en supercarburant, pétrole lampant et gasoil. Selon l’OMH, ces réserves «permettent de couvrir les besoins du pays pour les semaines à venir, et le suivi et la gestion des approvisionnements suivent leur cours».

Le point clé reste la logistique. L’un des principaux ports de chargement est Sohar, au nord du Sultanat d’Oman. Situé à la sortie du détroit d’Ormuz, ce port n’est pas enclavé dans le Golfe persique. Les cargaisons à destination de Ma­dagascar empruntent le Golfe d’Oman, la mer d’Ara­bie, puis l’océan Indien jusqu’à Toamasina. Le trajet couvre environ 3.200 à 3.500 milles nautiques, pour une durée estimée entre 8 et 12 jours.

A ce stade, «aucune en­trave logistique n’affecte les routes maritimes utilisées», insiste l’OMH. «Les flux commerciaux se poursuivent normalement». L’insti­tution assure suivre «avec la plus grande attention l’évolution de la situation internationale» et rester «en coordination permanente avec les acteurs du secteur afin de garantir la continuité et la sécurité énergétique du pays».

Appel au calme

Même son de cloche du côté des autorités étatiques. A Ivato, le colonel Michaël Randrianirina a appelé la population au calme. «Il n’y a pas lieu de céder à la pa­nique », a-t-il déclaré. Il a toutefois reconnu que «si le conflit au Moyen-Orient s’intensifie, une hausse des prix sur le marché international reste possible».
Car le véritable risque se situe là. Près de 20% du pétrole mondial transite par le détroit d’Ormuz. Un blocage durable ferait flamber les cours. Madagascar, im­portateur net d’énergie, subirait alors un choc sur les prix. Transport, produits alimentaires, électricité : toute la chaîne économique serait touchée.

Les autorités rappellent que les commandes sont passées 45 à 60 jours à l’avance. Des stocks stratégiques peuvent être mobilisés si nécessaire. «Le marché est correctement et régulièrement approvisionné», martèle l’OMH, qui invite la population «à ne pas céder aux rumeurs ni aux achats excessifs».
Pour l’heure, les stations-service fonctionnent normalement. Mais si la crise du Golfe s’enlise, la pression sur les prix pourrait devenir inévitable. A Madagascar, l’énergie s’impose plus que jamais comme un enjeu économique et un dossier hautement stratégique.

Déjà, la mort d’Ali Kha­menei, a eu des répercussions sur les marchés internationaux. Le prix du baril de Brent a ainsi grimpé à 80 dollars, reflétant les inquiétudes liées à la sta­bilité de l’approvisionnement mondial en pétrole. Dans ce contexte incertain, les auto­rités malgaches entendent privilégier la prudence afin d’éviter toute perturbation majeure sur le plan national.

Arh/N.A

Partager sur: