Valse des ministres : Alain Désiré Rasambany, éphémère gardien de la jeunesse et des sports

Dans les couloirs feutrés du ministère de la Jeunesse et des Sports, sis à la place Goulette d’Ambohijatovo, l’air est chargé d’une atmosphère de déjà-vu. Hier, par un décret présidentiel tombé comme un couperet, le gouvernement a été suspendu, emportant dans son sillage Alain Désiré Rasambany, qui n’aura tenu les rênes que 132 jours.

Un mandat éclair, qui fait de lui le ministre détenant le record plus bref séjour à ce poste stratégique. Comme un oi­seau de passage, ce secrétaire général du parti HVM, nommé en octobre 2025 dans le cadre du gouvernement Rajaonarivelo dit de «Refon­dation», avait à peine eu le temps de déballer ses cartons que déjà, les vents contraires de la politique malgache l’ont balayé.

Cette suspension survenue en pleine tourmente post-crises de 2025, n’est que le dernier épisode d’une saga où les ministres se succèdent à un rythme effréné. Depuis le régime de transition en 2009, le fauteuil ministériel semble maudit, frappé par une malédiction qui empêche quiconque de s’y asseoir durablement.

Chaque titulaire arrive avec un bagage d’idées novatrices, prêt à remuer ciel et terre pour booster la jeunesse et le sport, mais la réalité les rattrape. Des infrastructures naissantes, des participations internationales honorables, des programmes inclusifs, autant de promesses non tenues. Pourtant contre vents et marées, certains ont su laisser leurs empreintes, même fugace, prouvant que l’on peut marquer les esprits sans s’éterniser.

Les mandats classés

Alain Désiré Rasambany ouvre le bal des mandats les plus courts avec ses 132 jours faméliques. Tsihoara Faratiana Eugène, de juin 2018 à janvier 2019 sous le gouvernement Ntsay I, a tenu environ sept mois,
soit à peu près 215 jours. Puis, André Haja Resampa, de janvier à août 2024 dans le gouvernement Ntsay
IV, affiche une durée similaire d’environ sept mois ou 215 jours, marqués par une préparation aux Jeux des Îles de 2023 et des inves­tissements en infrastruc­tures.

Vient ensuite Abdulah Marson Moustapha, qui a occupé le poste d’août 2024 à octobre 2025 sous le gouvernement Ntsay V, pour une durée d’environ quatorze mois ou 425 jours, faisnt sport féminin et inclusif son cheval de bataille, sans pour autant révolutionner la donne.

Hawel Mamod’Ali, d’ août 2021 à janvier 2024 dans le gouvernement Ntsay III, a occupé le fauteuil du ministre des Sports, pendant deux ans et cinq mois, soit près de 885 jours, avec un accent sur la jeunesse rurale et le sport inclusif. Roberto Tinoka Michaël, de janvier 2019 à août 2021 sous les gouvernements Ntsay II et III, a tenudeux ans et sept mois, environ 945 jours, en faisant de sa priorité la modernisation du sport et la participation aux JO 2020.

Naisa

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