La Cour des comptes de Madagascar présentera le 19 mars son « Rapport public 2025 » à la Cour suprême d’Anosy. Très attendu, ce rendez-vous annuel est le premier du genre après la chute du précédent régime, mais également pour une première évaluation de la gestion du gouvernement de la refondation.
Pour rappel, dans le dernier document publié en novembre 2024, la Cour des comptes dressait un constat sévère de la gestion de la Jirama. Le rapport évoquait notamment des pertes financières estimées à 734 millions d’ariary liées à des vols et à des écarts dans l’approvisionnement en carburant, ainsi qu’une perte de 22,9 millions de litres de carburant en un an en raison d’une mauvaise gestion des stocks. Elle pointait également du doigt les coûts élevés du recours à la production thermique. La Cour soulignait par ailleurs que seulement 40 % des recommandations formulées en 2017 avaient été appliquées, révélant des difficultés persistantes dans la mise en œuvre des réformes préconisées.
Renforcer la confiance
La publication du rapport public 2025 suscite ainsi de nombreuses attentes. La Cour des comptes devrait effectivement présenter l’audit de gestion du régime Rajoelina. Les observateurs estiment ainsi que ce rapport pourrait apporter un éclairage inédit sur la gestion publique de l’année 2025, qu’il s’agisse de l’utilisation des ressources publiques, de la gouvernance administrative ou de la mise en œuvre de certaines politiques, aussi bien de l’ancien que du nouveau régime.
Si les membres du mouvement Gen Z demandent l’audit de l’utilisation des aides financières obtenues par Madagascar durant la présidence d’Andry Rajoelina, ils devront se contenter de l’année 2025. En tout cas, la publication du rapport public ne se limite pas à un exercice technique, elle constitue un moyen de renforcer la confiance entre l’Etat et les citoyens.
Développement durable et équilibré
En amont de cette présentation, la juridiction financière a lancé depuis le 9 mars une série de contenus pédagogiques sur sa page Facebook afin d’expliquer aux citoyens son rôle et son fonctionnement. A travers cette démarche, l’institution cherche à mieux faire comprendre la portée de ses travaux et l’importance du contrôle des finances publiques.
La Cour des comptes rappelle ainsi qu’en tant qu’Institution supérieure de contrôle des finances publiques, elle a pour mission d’assister le Parlement dans le contrôle de l’action du gouvernement et dans l’évaluation des politiques publiques. Ses travaux reposent principalement sur des audits de gestion visant à examiner l’utilisation des fonds publics.
Selon les principes inscrits dans la Constitution, ce mécanisme participe à la reddition des comptes et à la transparence dans la gestion des finances publiques, deux conditions jugées indispensables à un développement durable et équilibré.
A quelques jours de la présentation officielle du rapport public 2025, l’attention se porte donc sur les conclusions que rendra la juridiction financière. Après les critiques formulées dans ses précédents travaux, la Cour des comptes est attendue sur sa capacité à éclairer les enjeux de gouvernance et à alimenter le débat sur la gestion des finances publiques à Madagascar.
Tivo Rasam




