Le Vovonana Ampandrana (Vona) estime qu’aucune réforme ni refondation ne peut aboutir à Madagascar sans reconnaître l’existence de la capture d’Etat, considérée comme un obstacle majeur au développement du pays. Selon le mouvement, ce phénomène, qui affecte de nombreux Etats à travers le monde, contribue à affaiblir les institutions et à fragiliser l’économie nationale.
Le Vona souligne que la refondation ne doit pas être l’apanage de l’Etat mais celui du peuple. Pour cette raison, l’organisation appelle à un changement profond du système et des structures de gouvernance.
La plateforme insiste également sur la nécessité d’analyser en profondeur les causes structurelles de la crise qui secoue le pays depuis 1972. Elle rappelle que la pauvreté demeure alarmante à Madagascar, où une grande partie de la population vit avec environ 2,15 dollars par jour, tandis que les inégalités continuent de s’aggraver.
Par ailleurs, le Vona souligne que certains investisseurs disposés à financer des projets dans le pays hésitent à s’engager en raison des effets de la capture de l’Etat, ce qui impacte directement les perspectives d’emploi et de développement économique.
Raharinaivo Andrianatoandro, représentant du Vovonana Ampandrana, estime que le processus actuel de refondation est principalement conduit par l’Etat, alors qu’il devrait être porté par les citoyens. Il plaide pour la présence de représentants du peuple au sein du comité de pilotage, chargé de suivre les concertations nationales.
Il relève également que si la notion de capture de l’Etat figure dans le projet de refondation, son traitement reste flou dans les détails, alors qu’elle constitue, selon lui, un point central qui mérite d’être approfondi. Enfin, le Vona appelle à repenser le système de refondation afin d’identifier les causes profondes des crises récurrentes. L’organisation estime que cette réflexion devrait permettre d’aborder des questions fondamentales telles que la forme de l’Etat ou encore l’orientation des programmes scolaires. Pour le mouvement, la refondation doit être nationale et inclusive, et ne pas se limiter à une simple réforme de la gouvernance électorale.
N.A.




