Après la fuite de sujets au concours d’entrée à l’Ecole nationale de la magistrature et des greffes (ENMG), en décembre 2025, un débat s’est ouvert pour savoir si le processus devrait être annulé. Des candidats qui contestent les résultats sont de cet avis, ce qui n’est pas le cas des autres parents et du président du Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), Mbintanarivo Andriantsihorisoa.
Pour certains parents de candidats et le président du SMM, « l’annulation du concours n’est pas une solution, au risque de faire croire que certains candidats sont favorisés ». Selon lui, une telle décision pourrait alimenter les soupçons de favoritisme et nuire à la crédibilité du concours. Ils appellent à la poursuite des épreuves orales, tout en exigeant des sanctions contre les responsables.
Le responsable estime par ailleurs que les éléments disponibles ne permettent pas encore de déterminer si la fuite a concerné l’ensemble des filières financière, judiciaire et administrative ou seulement une partie des épreuves. Il met en garde contre les conséquences d’ une suspension, susceptible de pénaliser de nombreux candidats et d’apporter plus d’incertitude.
Dans le contexte actuel de refondation, Mbintanarivo Andriantsihorisoa plaide toutefois pour une réforme en profondeur de l’ENMG, placée sous la tutelle du ministère de la Justice. En même temps, il appelle à la poursuite des auteurs de cette fuite, « ils doivent répondre de leurs actes », a-t-il insisté.
Appel des parents de candidats
Même position du côté des parents de candidats, réunis hier devant l’ENMG à Tsaralalàna. Ils réclament la tenue rapide des épreuves orales afin de ne pas pénaliser les candidats restants.
« Il faut organiser les épreuves orales », ont-ils déclaré. A leurs yeux, tout retard risque de défavoriser ceux qui ont travaillé et réussi les épreuves précédentes.
Les parents dénoncent également les faits de corruption liés à cette affaire. Ils réclament des enquêtes approfondies et l’application de sanctions exemplaires. « Que les coupables soient punis », ont-ils lancé.
Pour rappel, c’est le Bianco qui a révélé cette affaire. Les sujets auraient été vendus à hauteur d’un million d’ariary par épreuve. Plusieurs suspects ont déjà été interpellés, puis déférés devant la justice le 23 mars. Trois d’entre eux ont été placés en détention préventive, tandis que trois autres ont été soumis à un contrôle judiciaire.
S.A.




