A peine annoncée, le dialogue initié par le gouvernement avec une partie de la jeunesse malgache, prévu se dérouler demain au Palais de Mahazoarivo, est déjà voué à l’échec. L’association GenZ 261 a décliné l’invitation de la Primature, posant comme condition préalable la libération de trois de ses membres : Herizo, Rija et Carine.
L’invitation émise par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, s’adressait aux associations de jeunes légalement constituées. Elle visait à ouvrir un espace d’échange formel autour des préoccupations de la jeunesse, avec dépôt préalable de documents administratifs et participation encadrée au sein de la Primature.
Mais pour GenZ_261, les conditions ne sont pas réunies. Dans une déclaration rendue publique, l’organisation affirme que «la confiance est rompue», évoquant un contexte marqué par « des violences, des arrestations et des menaces » visant ses membres. Dans ce climat, elle estime qu’un dialogue ne peut être envisagé sans gestes concrets de la part des autorités.
Autrement dit, tant que les trois jeunes militants sont détenus, la Gen refuse de dialoguer. Leur libération est présentée comme une exigence préalable à toute reprise des discussions.
« Nous ne poursuivrons pas les échanges tant que nos camarades ne seront pas libérés », indique l’association, qui fait de cette revendication un point de départ incontournable.
En outre, cette décision traduit une stratégie plus large. En posant ses conditions, GenZ 261 cherche à déplacer le cadre du dialogue, refusant une participation qu’elle jugerait symbolique ou déséquilibrée. L’organisation privilégie ainsi un rapport de force assumé, mettant en avant la solidarité interne et la défense de ses membres comme priorité absolue.
Cette situation met en lumière les tensions croissantes entre une frange de la jeunesse mobilisée et les institutions. L’initiative du gouvernement, qui visait à structurer les échanges dans un cadre officiel, se heurte à une défiance profonde. Le refus de GenZ 261 souligne le décalage entre une volonté institutionnelle de dialogue et les attentes d’acteurs qui réclament avant tout des garanties.
A ce stade, aucune réaction officielle n’a été rendue publique concernant cette condition posée par l’association. Reste à savoir si le gouvernement acceptera d’y répondre, au risque de voir le canal de discussion se refermer avant même d’avoir été véritablement engagé.
Rakoto




