A partir d’aujourd’hui jusqu’au mois d’octobre, la fondation H présente simultanément deux expositions inédites, l’une intitulée« Kabarin-javakanto : une lecture de la collection fondation H », placée sous le commissariat d’Abdellah Karroum, et l’autre portant le titre « Les mains des poètes » de M’barek Bouhchichi, sous la férule de Hobisoa Raininoro. Les expositions sont ouvertes au grand public
L’émotion était au rendez-vous hier à Analakely, lors de la présentation de la quatrième exposition de la fondation H. « Je n’aurais jamais pensé que l’exposition puisse accueillir 1 000 visiteurs par jour », déclare fièrement Hassanein Hiridjee à propos de l’édition précédente. Confiant suite à engouement du public, notamment des jeunes, il propose pour cette fois une sélection d’œuvres issues de sa collection personnelle. Il a ainsi choisi de collaborer avec le marocain Abdellah Karroum, qu’il considère comme un frère de cœur.
Collection exceptionnelle
« Les artistes regardent le monde, et les collectionneurs regardent les artistes », souligne Abdellah Karroum. En effet, Hassanein Hiridjee est un collectionneur d’art remarquable. En une dizaine d’années, il a réuni environ 1 000 œuvres provenant d’artistes du monde entier. Cette première exposition présente une sélection, composée d’une cinquantaine d’œuvres réalisées par une quarantaine d’artistes issus de divers pays et de styles variés.
Pour structurer cette exposition, le commissaire s’est inspiré du kabary malgache. « Kabarin-javakanto » offre ainsi un éventail d’œuvres digne d’un grand musée international. Parmi elles, « États désunis d’Afrique » de Nù Barreto, une œuvre centrale, à la fois expressive et saisissante. Cette exposition permet ainsi au public de lire le monde à travers les œuvres présentées.
Une collaboration avec les artistes locaux
Au premier étage de la galerie se tient la seconde exposition, « Les mains des poètes ». Lors de la conférence de presse, M’barek Bouhchichi, visiblement ému, a exprimé son attachement à Madagascar et son admiration pour le savoir-faire des artistes et artisans locaux.
Ainsi, pour ce projet, il a collaboré avec plusieurs artistes malgaches, dont Fitiavana Ratovo, Ledama ou encore Domi Sanji… Avec ce dernier, ils ont créé ensemble le « Matsaraba », une typographie inspirée du sorabe, un alphabet d’origine arabe adapté à la langue malgache, principalement utilisé par les Antemoro. Cette création est présentée à travers une installation composée d’encriers, retranscrivant le poème de Randza zanamihoatra « Poeta ».
En somme, l’exposition se tient jusqu’au mois d’octobre. Durant cette période, la fondation H proposera également divers programmes destinés à sensibiliser le public, notamment les élèves, à l’art contemporain et surtout à les éduquer sur la place de l’art dans la société.
Holy Danielle




