Etudiants et clients

Ce n’est pas une surprise. Et ce n’est pas la première ni la dernière fois qu’on en parle. A l’issue d’une concertation organisée à l’Académie malgache à Tsimbazaza, force est de constater qu’une partie des universités privées semble glisser, doucement mais sûrement, vers une logique de rentabilité. Le constat n’a rien de nouveau mais il devient difficile de l’ignorer. Derrière les enseignes flambant neuves et les promesses d’avenir rapide, la qualité de l’enseignement reste à prouver.
Il faut le reconnaître, les universités privées jouent un rôle important face à la saturation du public. Elles permettent à des milliers de jeunes de poursuivre leurs études. Sans elles, le paysage universitaire serait encore plus sous pression. Mais cette expansion rapide, parfois incontrôlée, soulève des interrogations. À force de multiplier les établissements, ne risque-t-on pas de diluer l’essentiel ?
Le hic c’est que quand la logique financière prend le dessus, l’enseignement peut devenir très vite un produit, et l’étudiant devient le client. Et c’est dommage car les filières se créent en fonction de leur attractivité commerciale plus que de leur pertinence académique. Les diplômes se délivrent, parfois sans réelle garantie de reconnaissance. Et, dans certains cas, l’encadrement pédagogique peine à suivre. Il suffit de voir le niveau de certains responsables pour s’en rendre compte.
C’est précisément là que l’État devrait intervenir. Non pas pour freiner l’initiative privée, mais pour en assurer la régulation. Car au fond, l’enjeu dépasse les établissements eux-mêmes. Il touche à l’avenir des jeunes diplômés. Un diplôme qui n’a pas de valeur, c’est un espoir déçu.
Cela étant, la question est simple. Quelle université voulons-nous pour Madagascar ? Une machine à diplômes, rapide et accessible ou un véritable lieu de savoir ? La réponse ne peut être binaire. Elle appelle un équilibre, subtil mais indispensable, entre l’accessibilité et la qualité.

Rakoto

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