Le ministère de l’Économie et des finances envisage de supprimer la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 20 % appliquée aux intérêts des crédits bancaires.
Réintroduite dans la loi de finances 2025, cette taxe reste aujourd’hui suspendue. La décision finale dépendra toutefois du Parlement.
Le sujet a été débattu lors d’une rencontre avec le Jeune Patronat de Madagascar (JPM), autour du « paradoxe du financement ». Les autorités reconnaissent que l’accès au crédit demeure difficile pour de nombreuses entreprises. « Nous cherchons à lever les contraintes qui freinent le financement de l’économie », explique le ministère.
Cette TVA concerne principalement les financements par caisse et par signature, comme les découverts ou les crédits d’équipement. En revanche, les crédits à la consommation et les activités de microfinance en sont exclus. A l’origine, cette mesure visait à augmenter les recettes fiscales. L’État espérait ainsi générer des ressources supplémentaires importantes.
Mais ses effets sur le coût du crédit suscitent des inquiétudes. « L’objectif est de contenir les taux débiteurs et de soutenir la résilience des entreprises », indique le ministère. La suppression envisagée vise donc à alléger la pression fiscale et à encourager l’investissement privé.
Approche globale
Le ministre Herinjatovo Ramiarison énumère les défis. « L’accès au crédit reste un obstacle majeur pour les opérateurs économiques », souligne-t-il. Face à cette situation, le gouvernement adopte une approche globale. Il travaille notamment à renforcer la bancabilité des projets et à diversifier les sources de financement.
D’autres mesures sont également à l’étude. Elles visent à améliorer l’offre de produits financiers et à réduire les risques liés au marché. « Nous voulons fluidifier l’accès aux capitaux et dynamiser l’écosystème entrepreneurial », ajoute le ministre.
La question de la TVA sur les intérêts bancaires reste donc au cœur des arbitrages. Sa suppression pourrait marquer un tournant pour le financement des entreprises à Madagascar. En attendant, les acteurs économiques restent suspendus à la décision parlementaire, espérant un signal fort en faveur de l’investissement.
Arh.




