Madagascar Airlines: l’ex-DG défend le plan Phénix 2030

L’ancien directeur général de Madagascar Airlines, Thierry de Bailleul, revendique le redressement de la compagnie nationale après 21 mois à sa tête. Dans un communiqué publié hier, l’ex-dirigeant affirme avoir remis l’entreprise «sur une trajectoire crédible de transformation» grâce au plan Phénix 2030.
A son arrivée début 2024, la compagnie traversait une grave crise financière. Selon lui, Madagascar Airlines affichait déjà près de 25 millions de dollars de pertes et 15 millions de dollars de dettes quelques mois seulement après son lancement en 2022. «Beaucoup jugeaient la compagnie perdue», écrit-il.
Thierry de Bailleul assure pourtant que les réformes engagées ont permis un retour progressif à l’équilibre. Il met en avant la remise en service de cinq avions ATR opérationnels, contre un seul début 2024, ainsi qu’une hausse de 123 % de la capacité en sièges sur le réseau domestique. Le chiffre d’affaires aurait également progressé de 60 % en deux ans, tandis que la ponctualité aurait dépassé les 82 %.
L’ancien DG souligne aussi la réintégration de la compagnie dans les mécanismes internationaux de l’Iata et la signature de partenariats avec plusieurs compagnies aériennes étrangères. «Les résultats sont là. Ils sont documentés. Ils sont incontestables», insiste-t-il.

Assainissement interne
Outre des performances économiques, Thierry de Bailleul affirme avoir engagé un vaste chantier d’assainissement interne. Il évoque des «irrégularités sérieuses» dans certaines fonctions, notamment dans les achats. Des enquêtes internes auraient conduit à des licenciements, des poursuites judiciaires et des incarcérations.
Il affirme également avoir transmis plusieurs dossiers au Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), à la fin de l’année 2025. «Une culture d’impunité commençait à être remise en cause», déclare-t-il. Il déclare regretter l’absence de retour officiel sur ces signalements.
L’ancien dirigeant dénonce par ailleurs des engagements contractuels non respectés par les autorités malgaches. Selon lui, son contrat, renouvelé à la demande de l’actionnaire public afin d’éviter une crise de gouvernance, n’aurait finalement pas été honoré. «Les obligations financières prévues noir sur blanc n’ont pas été respectées malgré de multiples relances», affirme-t-il.
Dans son communiqué, Thierry de Bailleul estime que cette situation dépasse son cas personnel et pose la question de la crédibilité institutionnelle du pays dans le secteur aérien. «La parole donnée engage. Un contrat signé oblige. Un État crédible commence par respecter sa signature», conclut-il.

Arh.

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