L’Institut national de la statistique (INSTAT Madagascar) a publié des données sur la consommation d’eau et d’électricité à Madagascar couvrant la période de janvier à février 2026. Ces chiffres offrent une lecture des tendances mensuelles de consommation et mettent en évidence le rôle central des ménages, tant dans l’eau que dans l’électricité, ainsi que certaines évolutions contrastées au sein des grands consommateurs.
Les ménages dictent la consommation
Sur les deux premiers mois de 2026, la JIRAMA a produit 19,049 millions de m³ d’eau traitée, pour une consommation totale de 12,457 millions de m³. Les usages domestiques dominent largement cette demande : les ménages représentent à eux seuls 9,072 millions de m³, soit 72,8% de la consommation totale. Ainsi, près de trois quarts de l’eau consommée sont destinés aux besoins résidentiels. Dans le même temps, on observe un ralentissement général de l’utilisation de l’eau distribuée par la JIRAMA. La production d’eau traitée affiche un recul de 5,6% par rapport à la même période de 2025 et parallèlement la consommation totale d’eau traitée a enregistré une baisse de 2,6% sur la même période.
Du côté de l’électricité, la consommation totale atteint 121 783 MWh sur la même période. Les ménages restent le principal segment consommateur avec 65 616 MWh, soit la part la plus importante de la demande nationale. Les activités économiques, regroupant industries et services, représentent 55 576 MWh, ce qui confirme leur poids significatif mais légèrement inférieur à celui des usages domestiques.
Par ailleurs, la production hydraulique a progressé de 34,2% entre janvier-février 2025 et janvier-février 2026. Une évolution qui constitue un élément positif pour la JIRAMA, car l’hydroélectricité coûte généralement moins cher à produire que l’électricité thermique et réduit la dépendance aux carburants importés. Dans le même temps, la production d’électricité progresse de 4,7%, soutenue notamment par la hausse de la production hydraulique, ce qui contribue à renforcer l’offre énergétique sur la période.
Des dynamiques contrastées dans les secteurs économiques
Les données de l’INSTAT révèlent une baisse marquée de 20,5% de la consommation d’eau des gros consommateurs entre janvier-février 2025 et janvier-février 2026. Cette contraction pourrait refléter un ralentissement de certaines activités industrielles, commerciales et hôtelières. Pourtant, sur la même période, la consommation d’électricité des industries et des services progresse de 4%, passant de 113 027 MWh en 2025 à 117 579 MWh en 2026 sur la même période.
Les usages spécifiques enregistrent également des évolutions notables. Les bornes-fontaines représentent 1,362 million de m³, soit environ 11% de la consommation totale d’eau. Elles affichent une baisse de 11,02%, traduisant une diminution de leur utilisation sur la période étudiée. De son côté, l’éclairage public connaît le recul le plus marqué, avec une baisse de 26,7%, passant de 1 105 MWh entre janvier-février 2025 à 810 MWh sur la même période en 2026. Cette évolution pourrait toutefois avoir des implications sur la sécurité et les conditions de vie dans certaines zones urbaines.
Des prix globalement stables
Sur le plan tarifaire, les prix moyens de l’eau et de l’électricité restent globalement stables. Le prix moyen de l’électricité au sein de la JIRAMA augmente légèrement de 3,6%, passant de 662 ariary/kWh à 685 ariary/kWh. Le prix moyen de l’eau, quant à lui, reste quasi inchangé, avec une hausse marginale de 0,3% et confirme une stabilité tarifaire sur ce segment.
Nambinina Jaozara




