L’Etat malgache intensifie ses efforts pour renforcer la crédibilité de son système financier face aux exigences internationales en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement illicite. Un atelier de cinq jours consacré à l’application des sanctions financières contre les personnes et groupes impliqués dans le financement du terrorisme et la prolifération d’armes de destruction massive a débuté hier au Radisson Blu Hotel à Ambodivona.
Après la validation du plan d’action de la Stratégie Nationale de lutte contre la corruption (SNLCC), le premier ministre Mamitiana Rajaonarison a lancé hier un atelier organisé par le Samifin (Service de renseignements financiers). Réunissant plusieurs acteurs concernés, dont des représentants des ministères intéressés et ceux du Système des Nations unies, cet atelier vise à améliorer la coordination ainsi que l’efficacité opérationnelle des mécanismes de contrôle. Les travaux porteront notamment sur les obligations internationales relatives à la lutte contre le financement du terrorisme, qu’il s’agisse de flux financiers ou de soutien matériel à travers la fourniture d’armes.
« Une mission spéciale est attendue à Madagascar au mois de juillet afin d’évaluer la situation. Cette visite s’inscrit dans le cadre du suivi des engagements pris par le pays pour se conformer aux recommandations internationales, notamment celles du Conseil de sécurité des Nations unies », a indiqué le Premier ministre. Il a souligné que l’efficacité des sanctions financières constitue l’un des principaux critères pour évaluer les dispositifs de lutte contre les flux financiers illicites sur le plan international.
Terrorisme
Mamitiana Rajaonarison, également directeur général du Samifin, a précisé que l’atelier est axé sur quatre recommandations du Groupe d’action financière (Gafi) qui lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive au niveau international. «L’objectif est d’améliorer les décrets existants et d’assurer leur application. L’évaluation concerne principalement cette application », a-t-il précisé. Des améliorations pourraient ainsi être apportées aux dispositifs déjà en vigueur afin de renforcer le contrôle des opérations financières suspectes et l’exécution des sanctions ciblées.
« Des étrangers impliqués dans des actes terroristes et recherchés pour ces crimes ont été repérés à Madagascar. Pourtant, faciliter les déplacements de ces personnes est déjà considéré comme un financement du terrorisme », a indiqué le Premier ministre pour illustrer les difficultés de la mission.
En tout cas, l’enjeu dépasse largement le cadre sécuritaire pour Madagascar. Une évaluation défavorable pourrait affecter l’image du pays auprès des partenaires financiers internationaux, des investisseurs et des institutions bancaires. Le renforcement du dispositif anti-blanchiment apparaît ainsi comme un levier stratégique pour préserver la confiance dans le système financier national et sécuriser les relations économiques avec les investisseurs étrangers.
Tivo Rasam




