Mandaté pour conduire le processus de concertation nationale, le Conseil des Eglises œcuménique de Madagascar (FFKM) a consacré quatre jours, depuis hier au FJKM Ankadikely Ilafy, pour réfléchir à la manière de procéder. A cette occasion, le président de la Refondation, a annoncé l’octroi d’une enveloppe de financement de 150 millions d’ariary pour la préparation de ce rendez-vous d’envergure nationale, prévu ce 3 juin.
En présence de plusieurs responsables politiques, représentants de la société civile et autorités religieuses, le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, a déclaré que « je ne peux pas, à moi seul, mener la refondation du pays, raison pour laquelle nous avons sollicité la participation des Eglises ».
Il a affirmé que le régime accorde sa confiance au FFKM, pour conduire le processus de la « concertation nationale », estimant que « les Eglises ne sont pas à la solde des politiques et ne se laissent pas instrumentaliser».
Et pour soutenir les Eglises dans cette noble mission, le régime de la Refondation a alloué un budget de 150 millions d’ariary au FFKM, consacré aux préparatifs de la concertation nationale qui selon le chef d’Etat, marque une étape importante dans l’histoire du pays, « elle ne se limitera pas à des échanges politiques mais devrait aboutir à une véritable reconstruction et refondation en profondeur ».
Par ailleurs, il a martelé que « la reconstruction du pays demande de la patience. Il est impossible de réparer en seulement sept mois les dégâts accumulés durant de longues années ». Il a toutefois indiqué que des efforts sont déjà engagés pour répondre aux attentes de la population, notamment en matière d’approvisionnement en eau, électricité et en matière de préparation aux prochaines échéances électorales.
Il a également lancé un appel aux responsables religieux afin de ne pas hésiter à le recadrer en cas de manquement. « Je suis membre de l’Eglise FLM et je me conforme au cadre du FFKM. J’invite ainsi les chefs religieux à prendre la parole et à me corriger chaque fois que je commets une erreur », a-t-il affirmé.
Le colonel Michaël Randrianirina a également encouragé la participation des jeunes à la concertation nationale prévue au mois de juin, tout en invitant l’ensemble des citoyens à faire preuve de solidarité et d’unité dans le processus de reconstruction nationale.
Espoir
De son côté, le président du FFKM, Mgr Samoela Jaona Ranarivelo, a estimé que « l’espoir » demeure indispensable face aux difficultés et aux inquiétudes que traverse actuellement la population malgache. Selon lui, les Églises ont le devoir et la responsabilité de contribuer à la recherche de solutions et au processus de réconciliation nationale.
Il a affirmé que le FFKM ne tire aucun intérêt particulier mais entend rester aux côtés de la population en créant des espaces de dialogue et de réflexion pour trouver des solutions communes au bénéfice du pays.
« Les Malgaches ne doivent pas adopter un état d’esprit défaitiste », a-t-il déclaré, tout en soulignant que la concertation nationale ne doit pas être perçue uniquement comme une démarche politique, mais également comme une voie vers un changement moral, un changement de mentalité et le rétablissement de la cohésion nationale.
La conférence se poursuivra jusqu’au 21 mai et sera clôturée par une célébration religieuse à l’EKAR Antanimena. Elle s’inscrit dans un cadre de réflexion sur la situation nationale et les pistes de sortie de crise, portant sur les questions sociales, économiques et politiques.
S.A




