Vivre dans la capitale de Madagascar ces derniers temps, nécessite une bonne dose de sang-froid. Il faut faire preuve d’acrobatie mentale pour garder son calme et d’acrobatie physique pour simplement arriver à destination. Chaque journée ressemble à une épreuve où il faut jongler entre patience et résignation.
Prendre la route est devenu une aventure à part entière. Conduire une voiture aujourd’hui, c’est littéralement marcher sur des œufs. Entre les détours improvisés, les rues saturées et les embouteillages interminables, le moindre déplacement est un parcours du combattant.
Dans cette jungle urbaine, le moindre espace libre vaut de l’or. Une ouverture de quelques centimètres suffit pour voir surgir une bicyclette, une moto ou une voiture décidée à s’y engouffrer coûte que coûte. Personne ne veut laisser passer l’autre, comme si céder quelques secondes revenait à perdre une bataille. Sans oublier les dépassements sauvages.
Et pourtant, derrière ce chaos quotidien, chacun ne demande qu’à arriver à l’heure au travail, à l’école, chez soi avant la tombée de la nuit. Mais à force, chaque trajet devient un facteur de stress permanent qui nous accompagne jusqu’au bureau, dans les réunions, dans les échanges avec les collègues. Puis il rentre avec nous à la maison où s’ajoutent les préoccupations du foyer, les factures, les coupures, les imprévus du quotidien. Finalement, la journée entière ressemble à un combat permanent contre la fatigue nerveuse.
Paradoxalement, les habitants de la capitale continuent malgré tout à avancer. On râle, on soupire, on klaxonne mais on s’adapte et se résigne. Et le lendemain, tout recommence. C’est dommage mais une capitale ne devrait pas être un terrain d’endurance psychologique mais une ville où il devrait être bon d’y vivre. Ce qui n’est pas le cas ces temps-ci.
Rakoto




