Dépenses publiques : Une exécution budgétaire globalement timide au premier trimestre 2026

Au premier trimestre 2026, les institutions et ministères entament l’année en douceur sur le plan budgétaire. Si certaines administrations affichent des progrès notables en matière d’exécution budgétaire, d’autres enregistrent un véritable rebond, passant d’un taux d’exécution nul à près de 30%. À l’inverse, plusieurs départements continuent de présenter des niveaux d’engagement et de réalisation quasi inexistants depuis l’année dernière. Tour d’horizon des principales tendances relevées dans le compte rendu du premier trimestre 2026.

Le compte rendu d’exécution budgétaire révèle que, dans l’ensemble, la majorité des départements ministériels affiche un taux d’engagement des dépenses de fonctionnement inférieur à 25%. Parmi les ministères concernés, on trouve le ministère de l’Eduction nationale et le ministère de l’Economie et des finances qui affichent des taux inférieurs à 10%. Par ailleurs, le taux global de réalisation accuse également un recul, passant de 16,9% en 2025 à 10,3% en 2026, ce qui traduit un ralentissement de l’exécution des dépenses publiques

Toutefois, certaines institutions se démarquent par une amélioration notable de leurs performances. Il s’agit de l’Assemblée nationale qui affiche un taux d’exécution de 26,0%, contre 22,7% un an plus tôt, soutenu notamment par l’engagement des indemnités. La Primature enregistre également une progression importante, avec un taux d’exécution qui double pratiquement pour atteindre 25,1%, grâce au règlement des indemnités. Le ministère des Affaires étrangères (MAE) présente la plus forte hausse. Ses réalisations passent de 26,4% à 52,5%, en lien avec un volume élevé de transferts de crédits. De son côté, la HCDDED améliore significativement son niveau d’exécution, passant d’une absence de réalisation en 2025 à 31,2% en 2026, principalement grâce aux transferts de crédits. La PRRM connaît aussi une progression de son exécution budgétaire, portée par les dépenses d’indemnités ainsi que les biens et services. Enfin, parmi les ministères nouvellement créés ou restructurés, le MIDSP et le MID se distinguent par des niveaux d’engagement relativement élevés, dépassant les 30%.

Par ailleurs, l’analyse de l’exécution des indemnités au premier trimestre 2026 met en évidence une dynamique globalement modérée de mobilisation des crédits budgétaires. Avec un taux global d’engagement de 13,6% sur une dotation totale de 304,4 milliards d’Ariary, le niveau d’exécution demeure inférieur à celui observé à la même période en 2025 (14,8%), traduisant un ralentissement général des dépenses d’indemnités. Cette évolution révèle des disparités importantes entre les institutions centrales et les ministères sectoriels.

Certaines institutions enregistrent toutefois des performances soutenues. L’Assemblée nationale affiche le taux d’engagement le plus élevé avec 27,2%, en progression par rapport à 2025. La Haute Cour de Justice (HCJ) et la Primature suivent également cette tendance haussière avec des taux respectifs de 24,9% et 23,0%. La Présidence de la République (PRRM) ainsi que la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) maintiennent également des niveaux d’exécution supérieurs à 20%. Ces résultats traduisent une continuité administrative plus stable au niveau des institutions centrales, dont les dépenses de fonctionnement sont généralement moins affectées par les contraintes opérationnelles.

À l’inverse, plusieurs ministères enregistrent des replis significatifs. La présidence de la Refondation de la République de Madagascar (PRRM), malgré un niveau encore relativement élevé, voit son taux d’engagement diminuer de six points par rapport à 2025. Le Sénat accuse également une baisse, tandis que le ministère des Forces armées et le ministère Délégué en charge de la gendarmerie nationale enregistrent des reculs particulièrement marqués, témoignant d’un ralentissement dans l’exécution des dépenses. Le cas du MSP apparaît le plus préoccupant, avec une chute de 40,3% à seulement 2,9%, traduisant une quasi-paralysie des engagements au cours du trimestre.

En outre, de nombreux ministères sectoriels présentent des niveaux d’engagement très faibles, voire quasi nuls, notamment le ministère de l’Intérieur et de la décentralisation, le ministère de l’Education nationale et le ministère de la Santé Publique. Cette situation concerne également plusieurs ministères nouvellement restructurés tels que le ministère d’Etat auprès de la présidence en charge de la Refondation, le ministère de l’Aménagement du territoire et des services fonciers, le ministère de la Population et de la solidarité et le ministère de l’Industrialisation et du développement du secteur privé. La faible consommation des crédits dans ces secteurs stratégiques peut s’expliquer par les ajustements administratifs liés aux réorganisations institutionnelles ainsi que par les perturbations exceptionnelles ayant affecté le pays en début d’année.

Nambinina Jaozara

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