Entre autorité et justice

Le débat autour des sanctions infligées aux taxi-be par la Commune urbaine d’Antananarivo, révèle une réalité à laquelle sont confrontées toutes les autorités publiques : faire respecter les règles sans donner le sentiment d’une injustice.
D’un côté, lorsqu’une sanction est perçue comme disproportionnée, elle risque de susciter davantage de ressentiment que de discipline. De l’autre côté, la position de la municipalité n’est pas dépourvue de fondement. Si les sanctions ont été relevées, c’est parce que les précédentes ne sont plus dissuasives. Les manquements aux règles de transport et les comportements qui pénalisent les usagers ont fini par installer un sentiment d’impunité. Dans ces conditions, l’autorité publique ne peut rester passive. Une ville ne fonctionne pas sans règles, et des règles sans sanctions ne sont souvent que de simples recommandations.
Pourtant, une sanction trop faible perd son efficacité. Une sanction trop lourde perd sa légitimité. Entre les deux, il existe un point d’équilibre où l’autorité est respectée parce qu’elle apparaît juste, et où la justice est acceptée parce qu’elle reste ferme.
Le véritable enjeu dépasse d’ailleurs la seule question du montant des amendes. Il concerne la qualité du service rendu aux citoyens. Les usagers attendent des transports fiables, sécurisés et respectueux des normes. Les opérateurs, eux, réclament des conditions de travail viables et une application de la réglementation avec discernement. Ces deux attentes ne sont pas incompatibles ; elles sont même complémentaires.
Dans une capitale confrontée à de nombreux défis de mobilité, la solution ne réside ni dans la complaisance ni dans la répression systématique. Elle se trouve dans une gouvernance capable d’imposer l’ordre tout en préservant l’équité. Car l’autorité sans justice nourrit la contestation, tandis que la justice sans autorité entretient le désordre. La responsabilité ne saurait être à sens unique.

Tivo Rasam

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