Le 26 juin 1960, Madagascar accède à l’Indépendance après tant de luttes, de sacrifices sous la colonisation française pendant plus d’un demi-siècle. La proclamation historique et solennelle avait eu lieu au stade Mahamasina dans la ferveur populaire, tout feu tout flamme patriotique, avec un énorme sentiment de fierté de souveraineté nationale. C’était un dévouement collectif au-delà de toute considération idéologique. L’amour de la nation avait pris tout son sens. Enfin vraiment libre et indépendant, maitre de sa destinée sur le chemin de l’autonomie et du développement.
Mais au fil des décennies, des politiques et des Républiques, l’état d’esprit patriotique a changé, avec l’apparition d’un sentiment de révolte et d’opposition manifeste dans un Etat démocratique confronté à des crises constitutionnelles chroniques.
Depuis, la célébration du 26 juin s’est déroulée dans un contexte politique marqué par les divisions et la quête du pouvoir, qui n’attise plus la flamme patriotique des Malgaches. Las d’attendre le développement promu, ils n’éprouvent plus le même sentiment d’appartenance que nos ancêtres, fidèles à leurs propres valeurs.
Pour les Malgaches, le patriotisme n’est pas en déclin, mais est devenu une arme de contestation du régime en place et d’opposition, pour manifester leur mécontentement et désespoir. Et le fait de ne pas hisser le drapeau durant la célébration de la fête nationale, est en quelque sorte un message fort envoyé à l’Etat qui doit aussi faire preuve de dévouement sincère dans ses actions, menant vers un véritable développement au service du patriotisme. C’est pourquoi 66 ans après, l’amour de la gloire qui donne de la valeur aux politiques, prend le dessus sur l’amour de la patrie.
JR.




