Juste avant la célébration du retour de l’Indépendance de la Grande île, une histoire émouvante a inondé la toile malgache. Les parents de Narovana sont sortis de leur silence et ont donné leur version des faits sur la chaîne nationale, sur le suicide de leur fille, le 14 janvier. Cette fille âgée de 13 ans a, en effet, laissé une note où elle expliquait les 99 raisons pour lesquelles elle allait se donner la mort. Elle a déjà failli passer à l’acte, en octobre 2025, mais pour une raison ou une autre, elle n’a commis l’irréparable que trois mois plus tard, en sautant du quatrième étage de sa maison familiale sise à Isoraka. Lors de leur intervention télévisée, ses parents ont pointé du doigt le manga/anime intitulé « Death Note », comme à l’origine de cette décision irréversible.
Puis vient la fête de l’Indépendance. Qui n’aurait pas remarqué que les gadgets étrangers ont inondé le marché durant cette période festive ? Dans la plupart des cas, les enfants ont délaissé les « arendrina », lampions traditionnels, pour choisir les lasers pourtant interdits de vente à cause des dangers qu’ils représentent, notamment quand ont les braques sur les avions. La parade militaire à Mahamasina était une occasion pour le régime de raviver l’identité nationale, en invitant ceux qui s’y rendent à porter des tenues traditionnelles. Et voilà, parmi les effets vestimentaires ayant attiré l’attention des internautes, l’« akanjo tsihy » ou les vêtements fabriqués à base de nattes. Plus d’un n’a même pas su que c’était bel et bien le style vestimentaire de la population d’une partie de l’île, en l’occurrence le sud-est.
Un pays indépendant au sens propre du terme, devrait être capable et fier de démontrer au monde entier les singularités de sa culture, sans chercher à adopter aveuglément les cultures des autres. L’interculturalité ne devrait pas signifier le déclin de la culture autochtone au profit des cultures étrangères, mais, comme l’a dit Henri Rahaingoson à travers son célèbre adage : « Andrianiko ny teniko, ny an’ny hafa koa feheziko », qui signifie littéralement « Je valorise ma langue tout en essayant de maîtriser celle des autres. »
Rakoto




