Sans fermer les portes

Il y a des lois qui font débat avant même leur application. Et puis il y en a d’autres qui tombent sous le sens. C’est l’évidence même à l’exemple du projet de loi adopté par l’Assemblée nationale portant sur l’emploi de la langue malgache dans les documents administratifs.
Après tout, la meilleure façon de se rapprocher des citoyens est de rédiger les écrits administratifs en malgache, c’est-à-dire les décisions officielles, les documents administratifs, pour simplifier avant tout la compréhension et par ricochet, valoriser le malgache qui a maintenant le droit de cité dans la vie publique.
Il faut reconnaître qu’au-delà de l’aspect pratique, cette réforme comporte une dimension symbolique forte. Une langue, un peuple et une nation. Dans un monde où l’on tente de préserver l’identité culturelle du pays, face aux défis de l’ère numérique, promouvoir le malgache à sa juste valeur, s’impose comme une nécessité
Mais comme souvent, une bonne idée donne une mauvaise politique si elle est mal interprétée. Valoriser la langue malgache ne devrait jamais signifier reléguer les autres au second plan. Madagascar vit dans un environnement régional et international où d’autres langues, comme le français ou l’anglais, occupent une place croissante dans les affaires, la recherche, les technologies ou encore les échanges économiques. Fermer cette fenêtre sur le monde serait ainsi une erreur stratégique.
L’enjeu n’est donc pas de choisir entre le malgache et les autres langues étrangères, mais de permettre au malgache de prendre toute sa place, sans empêcher les citoyens de continuer à maîtriser celles qui ouvrent d’autres horizons. Assumer pleinement sa langue nationale est un levier majeur de souveraineté, de cohésion sociale et de développement, tout en conservant le principe du multilinguisme et sans fermer les portes.

Rakoto

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