Pierrot Men : « Avant la photographie, je rêvais d’être peintre »

« Fofon’aina », l’exposition consacrée à Pierrot Men à Hakanto Contemporary, dévoile près de 400 photographies, mais aussi des archives personnelles qui retracent son parcours artistique et humain. A l’occasion du vernissage, le photographe revient sur ses débuts, son passage inattendu vers le noir et blanc et sur cette rétrospective imaginée par Joël Andrianomearisoa et Rina Ralay Ranaivo.

* Les Nouvelles : « Fofon’ aina » a fait découvrir au public que vous peignez également…
-Pierrot Men : Oui, énormément. En réalité, à mes débuts, je voulais être peintre. A l’âge de 15 ans, alors que j’étais encore au collège, j’ai découvert les œuvres de Noël Razafintsalama. Ce fut une véritable révélation. Je ne pensais qu’à peindre. A cette époque, j’utilisais un appareil photo argentique uniquement comme outil de travail. Je photographiais mes modèles afin de pouvoir ensuite réaliser leurs portraits sur toile. Ainsi, la photographie me servait simplement de références ou modèles de mes œuvres de peinture. A cette époque,
j’étais obstiné à devenir peintre. Puis une amie a vu mes clichés. Elle m’a con­seillé de poursuivre dans la photographie plutôt que dans la peinture. C’est ainsi que tout a commencé.

* La photographies en noir et blanc est en quelque sorte votre style et choix artistique, pourriez-vous nous en dire davantage ?
– C’est arrivé un peu par hasard. A cette époque, je faisais développer beaucoup de photographies. Un jour, le laboratoire avec lequel je travaillais a rencontré un problème technique et m’a livré mes images en noir et blanc. J’ai alors découvert que je pouvais développer moi-même ce type de tirages. J’y ai pris goût. Cela dit, je continue aussi à réaliser des photographies en couleur. Aujourd’hui, avec le numérique, je retouche mes images comme la plupart des photographes. Le fait d’avoir commencé avec l’argentique m’a énormément appris. Aujourd’hui encore, même si je travaille avec le numérique, je photographie comme si mon appareil ne contenait que quelques vues. Cela m’oblige à attendre le bon instant : l’essentiel est d’être au bon endroit, au bon moment.

* Quel regard portez-vous sur « Fofon’aina », un concept imaginé par les commissaires Joël Andrianomearisoa et Rina Ralay Ranaivo ?
– J’ai été très ému en découvrant cette exposition. C’est la première fois que d’autres personnes choisissent elles-mêmes mes photographies et racontent mon histoire à travers elles. Je leur ai fait entièrement confiance. Le résultat m’a surpris. En visitant cette exposition, j’ai eu l’impression de me redécouvrir.

Propos recueillis par Holy Danielle

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