Ramy Franck, celui qu’on surnommait « Clo clo gasy », a tiré sa révérence à l’âge de 86 ans, samedi. De son vrai nom François de Sales Rakotomanana, il avait marqué plusieurs générations.
Ramy Franck était l’un des pionniers du Rythme and Blues malgache dans les années 1970 et 1980. Fondateur du groupe Mélodie Jazz, il a laissé derrière lui une série de titres devenus intemporels, tels que «Bibidia», «Mitandrema Ry Tanora», «Mama» ou encore «Zany d’Zany».
Depuis l’annonce de son décès, son titre, «Vavaka Ho An’i Neny» ou prière aux mamans, a résonné sur la toile. Cette chanson est née dans des circonstances bouleversantes. Gravement malade à l’hôpital, il avait écrit cette chanson qui deviendra, au fil des années, un véritable hymne repris à chaque fête des mères.
L’artiste était aussi connu pour son engagement en faveur de la valorisation de la créativité artistique malgache. Lors d’un concours de chant dans les années 1970, alors que la majorité des candidats interprétaient des morceaux en anglais ou en français, Ramy Franck avait choisi de chanter en malgache. Ce choix audacieux lui valut la première place et symbolisa toute sa carrière.
«Il faut chercher et promouvoir son identité culturelle avant tout», déclarait-t-il souvent aux nouvelles générations. «Il ne voulait jamais chanter les chansons des autres», confiait son fils.
Pédagogue dans l’âme, il encourageait les jeunes artistes à développer leur propre identité musicale. «Laisse la cigarette, laisse l’alcool ; voici le studio, un lieu sacré, et fais de la musique», répétait-il souvent.
Ancien militaire ayant combattu en Algérie, homme de foi et engagé dans sa communauté, Ramy Franck était un artiste complet, sincère et profondément attaché aux valeurs humaines. Sa voix s’est éteinte, mais ses chansons continueront longtemps d’accompagner la mémoire collective malgache.
Elevé au titre de Commandeur de l’Ordre national, Ramy Franck sera inhumé mercredi dans son tombeau familial à Ambohitsararay Ankadinandriana.
Holy Danielle




