Il y a des chiffres qui inquiètent. Quatre-vingt-onze enfants sont portés disparus en quelques semaines. Derrière cette statistique, il n’y a pas seulement des dossiers ouverts dans les commissariats. Il y a des parents qui ne dorment plus. Dans la capitale, comme dans plusieurs autres localités, les habitudes changent.
Cette inquiétude est compréhensible. Lorsqu’il s’agit d’enfants, l’émotion prend naturellement le dessus. Chaque disparition nourrit les interrogations, les rumeurs et parfois les théories les plus inquiétantes. Dans ce contexte, la première responsabilité des autorités est d’apporter des réponses, mais aussi de rassurer par des actes concrets. Visiblement, ce n’est pas encore le cas.
Cette crise rappelle, en tout cas, que la protection des enfants ne relève pas uniquement des forces de l’ordre. Les collectivités locales, les établissements scolaires, les associations, les médias et les citoyens ont tous un rôle à jouer. Signaler rapidement une disparition, vérifier les informations avant de les partager, sensibiliser les enfants aux comportements à adopter face aux inconnus : autant de gestes simples qui peuvent contribuer à prévenir de nouveaux drames.
Il convient aussi d’éviter un autre piège : celui de la psychose. La vigilance est indispensable, mais elle ne doit pas laisser place à la panique ou à la désinformation. Les fausses alertes, les accusations sans preuve et les rumeurs diffusées à grande vitesse compliquent souvent le travail des enquêteurs et ajoutent à l’angoisse des familles.
Le pays traverse aujourd’hui une épreuve qui touche ce qu’il y a de plus précieux, ses enfants et parfois aussi des adultes. Cette situation exige une mobilisation nationale mais aussi de la sérénité. Les autorités sont désormais attendues sur des résultats tangibles, tandis que la population est appelée à faire preuve de solidarité et de responsabilité.
Parce qu’au-delà des statistiques, chaque disparition élucidée est un pas de plus vers le retour de la confiance.
Rakoto




