On se trouve aujourd’hui en pleine période de circoncision et du famadihana (retournement des morts), du moins sur les Hautes terres. On peut dire que ces deux coutumes ont encore toute leur place au sein de la société malgache. La preuve, chaque année, pas un jour ne passe sans qu’on les remarque.
C’est une bonne chose que les Malgaches respectent encore ces deux coutumes qui figurent parmi les expressions de la riche culture malgache. Mais là où le bât blesse, c’est la forme dans laquelle ces manifestations se déroulent. Généralement, elles sont à la source de plusieurs tracas.
Plus précisément, c’est le comportement des participants à ces évènements qui suscite des tensions. Ceux-ci ne se gênent pas pour occuper toute la chaussée, le tout accompagné de musique et de danses endiablées. Bien évidemment, cela va créer des embouteillages monstres. Et cela peut durer une éternité.
Effectivement, les automobilistes doivent faire preuve de beaucoup de patience, le temps que les fêtards se décident enfin à dégager la chaussée. De toutes les façons, il est difficile de discuter avec des hommes marqués par l’insuffisance de sommeil et des yeux enivrés d’alcool.
Il faut savoir que dans ce type de manifestations, l’alcool (en particulier l’alcool de fabrication artisanale ou toaka gasy) coule à flots. Et cela commence dès la veille. Pour certaines personnes, c’est le moment de tous les excès. Et cela peut entraîner des conséquences néfastes pour les autres.
Il va sans dire que les veillées nocturnes de ce type laissent des traces sur les participants. Et pour toutes ces raisons, il est difficile de les raisonner et certains font preuve d’une certaine agressivité. Le moindre klaxon insistant d’un automobiliste un peu pressé peut provoquer un incident. C’est à éviter.
Dans ce cas de figure, il arrive que les véhicules fassent l’objet d’actes de vandalisme. Il peut s’en suivre une bagarre inopinée. Et même si un agent de la circulation se trouve dans les parages, il ne faut pas espérer qu’il sera d’une aide utile. Face à une masse qu’il ne peut pas maîtriser, il préfèrera s’éclipser.
Même les piétons qui n’ont rien à voir avec ces évènements éprouvent les plus grandes difficultés du monde pour circuler, les trottoirs étant déjà occupés par une multitude de marchands. A moins de se fondre parmi les fêtards et essayer de trouver une issue de secours.
Les gens sont dans leur droit le plus légitime de célébrer ces coutumes. Mais il ne faut pas qu’ils pensent que ce droit n’a pas de limite et qu’ils peuvent tout se permettre, faire tout avec excès. La vraie sagesse serait de savoir respecter les droits des autres.
Ranaivo Lala Honoré




