Troubles du développement: près d’un enfant sur 100 naît autiste à Madagascar

Environ 8.000 enfants autistes naissent chaque année à Madagascar, soit près d’un enfant sur 100, selon des données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) datant d’il y a cinq ans. Un chiffre sous-estimé qui est très probablement en-deçà de la réalité.

Le manque de structures spécialisées, la pénurie de professionnels qualifiés et la persistance des tabous sociaux figurent par­mi les défis quotidiens des familles. Dans la majorité des cas, ces dernières ne peuvent compter que sur le soutien des associations privées pour les accompagner. « Pour la prise en charge globale, il faut prévoir au moins 1,5 million d’ariary par mois, éducation spécialisée comprise », a témoigné hier le père d’un enfant autiste.
L’autisme se traduit par des troubles de la communication, notamment du langage, et du comportement. Il s’inscrit dans la catégorie des troubles envahissants du développement (TED). Bien qu’il n’existe aucun traitement curatif, un diagnostic précoce est essentiel pour mettre en place un accompagnement adapté.
Un plan stratégique

Né de ses dix années de mobilisation sous le nom d’Autisme Madagascar, le Mouvement pour la différence (M4D) vient de présenter son plan stratégique 2026-2029. Son objectif est de faire face à ce contexte difficile tout en faisant progresser l’inclusion des personnes en situation de handicap et de différence dans le pays.
Ce nouveau plan s’articule autour de cinq axes majeurs. Le premier vise à renforcer l’accès équitable au diagnostic précoce ainsi qu’à la prise en charge des troubles du neurodéveloppement et des anomalies génétiques. Le deuxième axe porte sur la protection des droits, notamment sexuels et reproductifs, à travers des outils dédiés comme la Mallette SSR, tout en luttant contre les violences et la stigmatisation.
Quant au troisième axe, il cherche à favoriser l’autonomisation socio-économique des personnes concernées en encourageant l’auto-emploi, les activités génératrices de revenus et l’incubation d’organisations spécialisées, afin de réduire la dépendance aux aides extérieures. Le quatrième axe est axé sur la gouvernance et les données, avec la production de statistiques nationales fiables et la conduite d’un plaidoyer institutionnel budgétisé. Enfin, le cinquième axe met l’accent sur la résilience climatique à travers l’intégration systématique de la question du handicap dans les protocoles d’urgence et d’évacuation.

Sera R.

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