La lutte contre la corruption ne peut plus se limiter aux frontières nationales. C’est l’un des principaux messages émanant de Durban (Afrique du Sud), où se tient, du 18 au 21 août 2026, le Forum de la société civile de la Communauté de développement de l’Afrique australe (Sadc). Transparency International – Initiative Madagascar (TI-MG) et d’autres organisations de la société civile malgache y représentent Madagascar aux côtés du Zimbabwe, de Maurice, du Mozambique et de l’Afrique du Sud.
Pour Madagascar, les échanges consacrés à la lutte régionale contre la corruption, présentent un intérêt particulier. Selon Transparency International, la multiplication des circuits financiers et économiques transfrontaliers impose désormais aux Etats de renforcer leur coopération.
En effet, les dossiers de corruption ne s’arrêtent pas nécessairement aux frontières d’un pays. Les fonds détournés peuvent circuler d’un État à l’autre, passer par différentes structures juridiques ou être transformés en avoirs détenus à l’étranger. Dans ce contexte, l’efficacité des institutions malgaches dépend aussi de leur capacité à coopérer avec leurs homologues de la région.
La coopération judiciaire, le partage d’informations et les enquêtes conjointes entre pays de la Sadc apparaissent ainsi comme des leviers importants. Ces mécanismes peuvent faciliter l’identification et la récupération des avoirs provenant de la corruption, mais aussi contribuer au démantèlement de réseaux dont les activités dépassent le territoire national.
Coopération
A Madagascar, la récupération des avoirs provenant de la corruption et des détournements de deniers publics, occupe une place importante dans le dispositif anticorruption. Dans cette perspective, l’Agence de recouvrement des avoirs Illicites (Arai) se charge d’exécuter les décisions de gel, de saisie et de confiscation et de procéder au recouvrement des avoirs liés aux détournements de biens et de deniers publics. Elle inscrit également la coopération nationale et internationale parmi les moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions.
Pour Madagascar, le défi consiste désormais à articuler la Stratégie nationale de lutte contre la corruption 2025-2030, validée en mai 2026, avec les mécanismes disponibles au sein de la Sadc. Une coopération plus poussée pourrait faciliter la localisation des avoirs illicites,
l’identification de leurs bénéficiaires effectifs, l’échange de renseignements financiers et l’exécution de procédures concernant des biens déplacés d’un pays à l’autre.
Tivo Rasam




