A Durban (Afrique du Sud) hier, le président de la Refondation, Michaël Randrianirina, a pris place à la tribune officielle du 46e Sommet de la Sadc, aux côtés des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres. Une présence qui ne passe pas inaperçue alors que la situation politique à Madagascar reste suivie de près par l’organisation régionale.
La cérémonie d’ouverture du 46e Sommet ordinaire de la Communauté de développement
de l’Afrique australe, s’est tenue au Durban International Convention Centre.
Et chose inédite, Michaël Randrianirina a affiché sa présence aux côtés des principaux dirigeants africains.
En effet, cela fait des semaines que Madagascar, avec l’accompagnement de la Sadc, a préparé sa participation à cette rencontre d’envergure régionale. Une réunion du Conseil des ministres de l’organisation a déjà eu lieu à Madagascar, axée sur l’évolution de la transition et du processus de refondation dans le pays, permettant ainsi à la Grande île de siéger à la tribune officielle, malgré tout.
Soutien affiché
Dans son discours, le président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, a souligné l’importance de la participation de Madagascar au sein de la Sadc. Il a notamment salué le rôle des «Panels of Elders» dans les efforts visant à favoriser la stabilité et la paix à Madagascar. Il a également réaffirmé la disponibilité de la Sadc à accompagner le pays dans son processus de Refondation.
Cette session contraste avec celle de 2009. A l’époque, la Sadc avait contesté
la nomination de d’Andry Rajoelina à la tête de la Haute autorité de la transition (Hat) et réclamé un retour à l’ordre constitutionnel. Dix-sept ans plus tard, Michaël Randrianirina apparaît sur la tribune officielle de l’organisation, avec les dirigeants des Etats membres.
Pour Madagascar, la présence de Michaël Randrianirina à la tribune officielle et les déclarations d’Emmerson Mnangagwa ont marqué ce sommet. Reste à voir si cette évolution des relations avec la Sadc, apporte un soutien plus marqué à la transition, lors des prochaines étapes du processus politique.
Reconnaissance formelle ?
Mais cette présence ne suffit pas, à elle seule, à obtenir une reconnaissance formelle du pouvoir en place. Certes, la Sadc a salué les progrès réalisés par Madagascar, pour organiser des dialogues inclusifs, après les trois missions conduites entre janvier et mai par son Panel des Sages, sous la direction de Joyce Banda. Elle a toutefois rappelé que les réformes devaient être claires, limitées dans le temps, transparentes et inclusives, et conduire au retour à l’ordre constitutionnel et à un gouvernement démocratiquement élu.
Néanmoins, la participation du président de la Refondation traduit une évolution majeure dans les relations entre Madagascar et la Sadc par rapport à 2009. Et c’est très prometteur pour la suite du processus de Refondation et de concertation nationale dans le pays.
Pour rappel, Madagascar avait été à la tête de la présidence de la Sadc et avait accueilli le 45e Sommet à Antananarivo en août 2025. A la suite des changements politiques intervenus dans le pays, l’Afrique du Sud avait ensuite assuré provisoirement la présidence de l’organisation, avant d’occuper officiellement ce poste, marquant le début d’un nouvel exercice.
Le 46e Sommet de Durban est consacré aux principaux enjeux de la région, notamment l’intégration économique, les infrastructures, la transformation agricole, la paix et la sécurité, ainsi qu’à l’industrialisation et à la valorisation des minerais critiques.
S.A




