Présent hier à Evato, dans le district de Farafangana, pour assister à une journée de réconciliation placée sous le thème « Soa ty Filongoa », autrement dit « la valeur de la fraternité », le président de la Refondation, Michaël Randrianirina, a appelé les huit ethnies (Zafisoro, Antesaka, Zaramanampy, Atevato, Betsileo, Rabakara, Savoay et Zarafagnilia ) réunies au sein de l’association Tohitroky, à préserver et à renforcer le « fihavanana », cette valeur malgache fondée sur la fraternité, la solidarité et la réconciliation. Le message était clair : face aux divisions, l’unité doit primer.
Dans son discours, Michaël Randrianirina a mis l’accent sur l’unité nationale. « La division nous appauvrit. Nous devons nous réconcilier, nous devons nous aimer », a-t-il déclaré, appelant les communautés à ne pas se laisser diviser par les considérations politiques.
Pour le président de la Refondation, les appartenances ethniques ou les différences territoriales ne doivent pas constituer des barrières entre les Malgaches. « Si nous nous aimons, les hommes politiques ne pourront pas nous diviser. Frontières, régions, centre du pays, tout cela ne peut pas nous séparer. Nous sommes un seul peuple malgache et Madagascar est un seul pays », a-t-il insisté.
Pour marquer cette journée, un monument de « Fihavanana » a été édifié. Plusieurs rois traditionnels ont également pris part aux rites organisés au Tranobe d’Evato.
Tourner la page sur les divergences
Au-delà du symbole, l’initiative vise également à tourner la page sur certains conflits et rancœurs hérités du passé entre des familles et des communautés au sein de Tohitroky. Michaël Randrianirina a ainsi salué la volonté des huit ethnies de renouer avec le dialogue et de préserver le « fihavanana ».
Il a également adressé un message particulier au roi des Antefasy, présent à la cérémonie, exprimant l’espoir de voir cette communauté rejoindre à son tour Tohitroky. « Je reviendrai ici si l’ethnie Antefasy rejoint la structure », a-t-il annoncé.
Le même appel à la réconciliation a été adressé à Vangaindrano, où persistent certaines tensions. Le président a invité les protagonistes à mettre fin aux différends afin de renforcer davantage l’unité au sein de Tohitroky.
« Vangaindrano, si vous êtes prêts à mettre fin aux différends qui existent entre vous, je viendrai vous soutenir », a-t-il déclaré. L’objectif affiché est de privilégier le dialogue et la réconciliation plutôt que la confrontation, dans l’esprit du « fihavanana » mis en avant lors de la cérémonie d’Evato.
Pour témoigner son appui, le président de la Refondation a remis 50 millions d’ariary aux huit ethnies composant Tohitroky, en guise de contribution symbolique à la place d’un zébu. Une enveloppe supplémentaire de 5 millions d’ariary a été le budget destiné à servir des repas aux convives, symbole de convivialité et de fraternité.
Les enlèvements d’enfants albinos
Autre sujet abordé devant la population : les enlèvements d’enfants albinos. Après la récente disparition d’un enfant à Marovoay, Michaël Randrianirina a appelé les familles à renforcer leur vigilance et à protéger leurs enfants. « Les personnes albinos sont des êtres humains et non des animaux », a-t-il martelé, condamnant fermement ces actes et appelant à une meilleure protection des enfants.
N.A




