« Mais la photographie malgache ne s’est pas construite uniquement autour des appareils. Elle s’est aussi construite autour des hommes, des femmes, des rencontres et des communautés de photographes ». C’est ce regard de témoin que Fidisoa Ramanahadray a apporté lors de la 56e édition de « Resaka Hakanto », organisée la semaine dernière à Ankadimbahoaka, à l’occasion de la Journée mondiale de la photographie, avec l’intervention aussi de Faly Zo Nantenaina Randrianjatovo.
Entré dans la photographie en 1978, le journaliste freelance, artiste photographe, opérateur culturel et infographiste a traversé plusieurs générations et mutations, de l’argentique à l’intelligence artificielle. Son témoignage rappelle une époque où les 36 poses d’une pellicule imposaient patience, observation et réflexion. « La contrainte technique n’était pas seulement une contrainte. Elle faisait partie de notre apprentissage », souligne-t-il.
Mais son intervention dépasse la nostalgie de l’argentique. Fidisoa Ramanahadray insiste sur le rôle des clubs, associations, studios et rencontres dans la construction d’une photographie malgache collective. « L’appareil enregistre la lumière, mais c’est le photographe qui donne un sens à ce qu’il choisit d’enregistrer », conclut-il. Il replace ainsi Pierrot Men dans cette histoire, en interrogeant son regard sur Madagascar, ses habitants et sa culture.
Holy Danielle




