Immigration à Mayotte: Madagascar n’est pas dans le viseur de la France

La France veut désormais utiliser une partie de son aide publique au développement comme moyen de pression sur plusieurs pays africains, afin d’obtenir une meilleure coopération dans la lutte contre l’immigration irrégulière vers Mayotte.

En déplacement dans l’archipel les 26 et 27 août, le Premier ministre français, Sébastien Lecor­nu, a annoncé la mise en place d’un système de «bo­nus-malus». Cette mesure concerne sept pays africains et Madagascar n’en fait pas partie. Les échanges de renseignements, la lutte contre les réseaux de passeurs, la délivrance des laissez-passer consulaires et la capacité à reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière, figurent parmi les critères d’octroi de financement, d’un montant de 300 mil­lions d’euros l’année passée, selon le Premier ministre français.
Et les Comores, le Bu­rundi, la Tanzanie, la Répub­lique démocratique du Con­go, le Rwanda, la Somalie et le Kenya, sont concernés par cette mesure. La Grande Ile ne figure pas sur la liste des pays soumis à ce mécanisme de bonus-malus, alors que les statistiques du ministère français de l’Intérieur montrent que les ressortissants malgaches sont bien présents dans les flux migratoires vers Mayotte.
En 2025, 21.409 éloignements ont été exécutés depuis Mayotte. Les Como­riens représentent l’immense majorité, avec 20.662 éloignements. Pourtant, avec 718 éloignements, les Mal­gaches constituaient la deuxième nationalité.
Des ressortissants africains passent aussi par Mada­gascar avant de tenter de rejoindre Mayotte. Cer­tains arrivent à Antanana­rivo pour aller vers le Nord ou le Nord-ouest du pays, puis d’entreprendre la traversée maritime à destination de Mayotte. Des mig­rants africains avaient également été interceptés sur les côtes malgaches ou au cours de traversées.
Rien qu’en juillet, la gendarmerie de Mahajanga a intercepté un groupe de 40 migrants clandestins, dont 36 Somaliens, un Ethiopien, un Comorien et deux Malgaches, alors qu’ils tentaient de quitter discrètement le port. De même, les arrestations de passeurs et de candidats au départ vers Mayotte s’enchaînent dans le Nord depuis plusieurs mois.

Tivo Rasam

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