D’après les données publiées ce samedi par le centre « Aro Aina », 95 % des consommateurs de cannabis qu’il a pris en charge entre juin 2021 et juin 2026 avaient entre 14 et 35 ans, tandis que 85 % de ceux qui ont consommé de l’héroïne étaient âgés de 15 à 25 ans. Autant dire que la plupart des patients du centre ont commencé à consommer à un âge très précoce.
D’après « Aro Aina », alors que le cerveau n’atteint sa pleine maturité structurelle et fonctionnelle qu’autour de 25 à 32 ans, beaucoup de jeunes deviennent dépendants aux substances psychotropes avant même l’âge de 18 ans. Certains commencent à se droguer dès 14-15 ans, ce qui entrave leur épanouissement cognitif. « L’augmentation progressive de la fréquence et des doses mène à la dépendance », explique le centre.
Concernant le cannabis en particulier, les consommateurs associent souvent sa consommation à celle du tabac et de l’alcool. Or, la plupart d’entre eux sont au chômage, déscolarisés et en situation de vagabondage. Ils arrivent généralement au centre après l’apparition de troubles du comportement, tels que des hallucinations ou de l’agressivité, en raison de conflits sociofamiliaux, ou encore à la suite d’une orientation scolaire ou judiciaire.
Le centre Aro Aina et AWLN Madagascar (African Women Leaders Network – Réseau des femmes leaders africaines, antenne de Madagascar) ont organisé, samedi au Panorama Andrainarivo, une journée de mobilisation et de plaidoyer sur l’addiction et la santé mentale, en partenariat avec les associations Destiny et Manampy ainsi que la Croix Bleue de Madagascar. « Cette journée marque les cinq ans d’existence de l’internat d’Ambohidratrimo, Aro Aina fêtant pour sa part ses 19 ans cette année », a expliqué devant la presse le Dr Miarintsoa Andriamiarinarivo, addictologue, psychothérapeute et première responsable du centre.
A cette occasion, Alice Ranorojaona, docteur en médecine et en anthropologie, créatrice de la jorothérapie, a proposé cette méthode à l’assistance, composée d’une centaine de membres d’associations, d’universitaires et d’officiels. Elle consiste à « aider les patients à se confronter aux causes historiques de leurs maladies, qu’elles soient physiques, mentales ou sociales », a expliqué la spécialiste, qui prévoit de collaborer avec différentes structures afin de transmettre son savoir.
Sera R. / LR




