Le district de Morafenobe, dans la région Melaky, sera le premier territoire à expérimenter l’utilisation des schistes bitumeux extraits du gisement de Bemolanga, dans la construction routière. Le 2 juin, le gouvernement a approuvé en Conseil des ministres ce projet pilote financé par le Fonds Routier et mené conjointement par l’Office des mines nationales et des industries stratégiques (Omnis), le Laboratoire national des travaux publics et du bâtiment (LNTPB) et le ministère des Travaux publics (MTP).
Après plusieurs mois de préparation, le projet entre désormais dans sa phase expérimentale. Dans cette optique, une délégation gouvernementale conduite par le ministre des Travaux publics, Sambilason Richard Rafefimanana, et accompagnée du chef d’Etat-major des armées, le général Pikulas Démosthène, s’est rendue sur place samedi afin d’effectuer une évaluation technique de l’utilisation du bitume naturel de Bemolanga dans le processus de construction routière.
Pour ce premier test grandeur nature, l’Omnis fournira 300 tonnes de grès bitumineux destinées à la réalisation d’un tronçon routier de 1.400 mètres, situé au cœur de Morafenobe. L’initiative vise notamment à déterminer si cette ressource peut constituer une alternative techniquement performante et économique, pour entretenir et réhabiliter des routes à Madagascar.
Valoriser les ressources nationales
Le projet revêt une importance particulière compte tenu du potentiel du gisement de Bemolanga, dont les réserves sont estimées à plusieurs milliards de barils.
Les préparatifs ont d’ores et déjà commencé avec l’organisation de consultations avec les habitants et les responsables locaux afin de présenter le projet et de recueillir les observations des différentes parties prenantes. Avant le lancement des travaux, une étude d’impact environnemental et social doit également être menée, en collaboration avec l’organisme Ecodev.
La maire de la commune de Morafenobe, Claudia Tanjona Jhymia, a d’ailleurs sollicité l’utilisation de ce bitume naturel soit utilisé pour réhabiliter les routes dans sa commune.
D’après le calendrier établi, les travaux devraient être achevés avant la fin de l’année 2026. Si les résultats sont concluants, cette ressource pourrait être utilisée à plus grande échelle dans les projets routiers au niveau national.
Jean Riana




