C’est la rentrée des classes. Les parents ont passé ces dernières semaines à courir derrière les fournitures, à comparer les prix des cahiers, des uniformes, des chaussures et d’autres produits indispensables. Pour certains, le casse-tête est déjà terminé. Pour d’autres, cela ne fait que commencer car, outre le budget à y consacrer, d’autres préoccupations pèsent sur les familles. Il s’agit d’un fléau silencieux et moins visible : le harcèlement scolaire.
A vrai dire, on n’en parle que lorsque le problème devient grave et qu’une publication scandaleuse, avec des témoignages glaçants, circule sur les réseaux sociaux pour dénoncer un cas de harcèlement. A ce stade, la famille victime décide de briser le silence et de crier haro sur le baudet. Du coup, les réseaux sociaux s’emparent de l’affaire qui va défrayer la chronique pendant un certain temps.
Pourtant, le harcèlement scolaire freine le développement de l’enfant et a des répercussions négatives sur sa santé mentale et physique. Il ne commence pas toujours par la violence, mais souvent par un regard, une plaisanterie ou une remarque à répétition sur l’apparence, la couleur de la peau, la manière de parler, les vêtements portés ou les résultats scolaires, avant de devenir un harcèlement au quotidien.
Et c’est justement là que le problème commence. L’école devrait être le lieu où l’enfant apprend, découvre, se fait des amis, développe sa confiance en soi et prépare son avenir. Elle ne devrait jamais devenir un endroit que l’on redoute chaque matin.
Alors, que faire ? Tout passe par l’éducation. Eduquer nos enfants au respect de l’autre. Leur apprendre que rire avec
quelqu’un n’est pas la même chose que rire de quelqu’un. Leur expliquer que la différence n’est ni une faiblesse ni une invitation à humilier. Et surtout, leur apprendre qu’être témoin d’une injustice sans rien dire, c’est déjà prendre parti.
Il faut apprendre à écouter avant de juger. A prendre au sérieux une plainte avant qu’elle ne devienne un drame. A intervenir avant que la victime ne se retrouve seule face à sa peur. Oser briser le silence.
Rakoto




