La direction du vent

Aujourd’hui, on peut dire sans le moindre ris­que de se tromper que les réseaux sociaux sont incontournables. Tout le monde s’y connecte. La raison est que c’est à la fois une source d’informations inépuisable et en même temps une plateforme d’échanges ou­verte à tous.
De ce point de vue donc, leur utilité est incontestable à condition toutefois que les informations soient fondées et que les échanges soient objectifs. Ce qui n’est pas toujours le cas. Dans ces conditions, il faut faire la part des choses, c’est-à-dire, sa­voir faire la différence entre vraies informations et désinformation.
Effectivement, les ré­seaux sociaux peuvent servir d’instrument pour s’attaquer à autrui. Bien souvent, on constate que certaines personnes postent leurs doléances sur les réseaux sociaux alors qu’il est possible de le faire de vive voix. N’est-il pas plus judicieux d’appeler, de se parler, plutôt que de se plaindre en public ?
On pourrait dire que ces personnes ont oublié le vieil adage selon le­quel on ne lave pas son linge sale en public. On peut bien en tenir rigueur à quelqu’un, lui faire des reproches, mais tout cela peut se régler entre quatre yeux. Mais apparemment, il est peut-être plus facile de porter les critiques sur les ré­seaux sociaux.
Et pourquoi les porter en public via les ré­seaux ? Juste pour faire le buzz ? Qu’on le veuil­le ou non, c’est à la fois désolant et pathétique. Et certains se servent de ces réseaux sociaux avec délectation juste pour nuire à autrui. Et ceux ou celles qu’on considère, à tort ou à raison, comme des influenceurs en profitent.
Qu’on le veuille ou non, force est de reconnaître que certaines pub­lications dépassent les bornes. Et dans ces con­ditions, il est tout à fait normal que l’Etat pense y mettre de l’ordre. Tou­tefois, il est impensable qu’on puisse viser à mettre en place une censure aveugle.
Non seulement, cela nuirait à la liberté d’expression chère à la population malgache, mais cela porterait également atteinte à l’image même du pouvoir en place. Et en fin de compte, cela peut même se retourner contre soi-même. Avec les réseaux sociaux, un effet de boomerang est toujours possible.
C’est comme un journaliste à la quête d’une certaine notoriété. Il peut passer une dizaine d’années (ou plus) à écrire des articles avant d’accéder à cette notoriété. Mais seulement, il doit se mettre en tête qu’un seul article de travers peut remettre en cause cette notoriété, alors à jamais perdue.
Aujourd’hui, les ré­seaux sociaux ne peuvent être dissociés de
la vie politique d’une nation. Et pour chaque décideur politique, maîtriser les réseaux sociaux est un rêve. Mais en fait, c’est un rêve inaccessible dans la mesure où on ne sait jamais à l’avance quelle sera la direction du vent.

Ranaivo Lala Honoré

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