Pétanque: la FSBM calme le jeu

Derrière les tournois et compétitions, se joue également une partie autrement plus musclée : celle de la gouvernance fédérale. Samedi, la Fédération sport boules malagasy (FSBM) a tenté de calmer le jeu en organisant une séance d’information ouverte aux journalistes. L’exercice mené par le président de la FSBM, visait clairement à démontrer la légalité de toutes les actions entreprises par l’équipe en place, notamment la mutation controversée du joueur Tinakely.

Selon la fédération, Tinakely n’est pas un cas isolé. Cinq boulistes avant lui ont déjà emprunté le même chemin. Et la FSBM a souligné qu’elle applique strictement le tarif de mutation de la Fédération internationale de pétanque et jeu provençal (FIPJP), fixé à 50 euros, et non le montant de 500 euros entre fédérations.
Dans le même temps, la FSBM a tenu à rappeler qu’elle a les yeux rivés sur l’avenir des joueurs. Elle a égrené le nombre de Malgaches ayant pu disputer la tournée estivale, les cham­pionnats d’Afrique et du monde sous sa bannière, tout en soulignant la possibilité pour les clubs de s’engager eux-mêmes dans ces circuits internationaux.
Dans la salle, plusieurs présidents de clubs étaient présents, dont Luc Ratsimbaharison, à la tête de l’UBMT. Au nom de la frange contestataire, il a dénoncé sans détour le « deux poids, deux mesures » de la fédération.
Selon lui, la FSBM ne place pas les clubs et les joueurs sur le même pied d’égalité. Le cas de Tinakely a servi d’exemple. Ce dernier n’aurait pas bénéficié du même traitement que ses compatriotes Yves et Zigle, dont les mutations s’étaient déroulées sans accroc. Une remarque appuyée sur les réseaux sociaux par l’ancien président de la FSBM, Amiroudine.

Sort du coordonnateur !

Concernant le dossier du coordinateur international, la fédération se dit prête à le remplacer. Mais elle renvoie la balle dans le camp des acteurs : à eux de proposer un remplaçant idoine.
Et le président de l’UBMT n’a pas mâché ses mots. Il a pointé du doigt le coordinateur international comme principal responsable du mauvais traitement réservé aux joueurs et source de
ce conflit naissant. Dans la foulée, il a invité la FSBM à revoir sa copie. Les présidents de clubs et leurs alliés ont accordé une semaine à la fédération pour trancher : maintenir ou lâcher le coordinateur international.
Luc Ratsimbaharison a tenu à préciser que leur démarche a pour objectif d’améliorer les conditions des boulistes malgaches en aidant la FSBM à faire le ménage en son sein. « Nous n’avons rien à perdre. C’est pour les joueurs que nous faisons ça », a-t-il lancé.
En justifiant pied à pied la légitimité de ses décisions, la FSBM n’écarte pas pour autant d’éventuelles sanctions à l’encontre des « fauteurs de trouble ». Elle se targue pourtant de n’avoir jamais sanctionné ni responsables ni joueurs durant le mandat intérimaire comme sous le mandat actuel.
Après plusieurs semaines d’échanges musclés sur le Web, une réunion est désormais prévue ce mercredi entre les protagonistes. C’est déjà une étape franchie. Reste à savoir si, sur le terrain de la gouvernance, les acteurs sauront enfin tirer dans le même sens pour éviter que la pétanque malgache ne s’enlise dans un conflit stérile.

Naisa

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