La mort au bout du tunnel

C’est encore la sidération dans la capitale, sous le choc, entre colère et émotion, après l’accident mortel improbable survenu dans le tunnel d’Ambohidahy, avant-hier, en pleine journée, qui semble tout droit sorti d’un film d’action. Le bilan est lourd : quatre personnes sont mortes écrasées sous les roues d’un taxi-be et sept autres sont grièvement blessées. C’était une scène de chaos insoutenable et de panique, du jamais vu sous le tunnel d’Ambohidahy.
Ce drame est encore sur toutes les lèvres. Sur les réseaux sociaux, les opinions divergent et les spéculations vont bon train sur les circonstances exactes de l’accident. Que s’est-il réellement passé pour que le chauffeur perde le contrôle de son véhicule, écrasant des piétons qui ne l’ont pas vu venir sur son passage, avant de terminer sa course sur le flanc du tunnel ? Un accident de ce genre ne survient pas par hasard.
Les experts tentent de déterminer si le conducteur a simplement manqué d’attention, s’il a agi délibérément par négligence, si le véhicule était mal entretenu ou s’il y a d’autres facteurs déclencheurs. D’après les premiers éléments de l’enquête, l’hypothèse d’une défaillance technique est à écarter. Le taxi-be, un fourgon de la marque Sprinter, était apte à rouler. De plus, le chauffeur n’était pas sous l’emprise de l’alcool et a été contrôlé négatif aux autres stupéfiants.
Par ailleurs, selon le témoignage d’un passager du bus, le chauffeur a tenté d’éviter de percuter de plein fouet un cycliste qui a surgi de nulle part, avant de perdre le contrôle de son véhicule. Cela a même suscité un vif débat sur la place des cyclistes dans les rues. Malgré tout cela, le chauffeur, qui a du sang sur les mains, sera poursuivi pour homicide involontaire et encourt une peine d’emprisonnement.
Mais dans ce genre de circonstances dramatiques, quand l’impensable s’est produit et que la mort frappe sans crier gare, beaucoup acceptent cela comme un signe de fatalité inéluctable, un terrible destin tragique ou un « andro miditra », dit-on en malgache, soit le jour de la catastrophe qui attendait les victimes et le chauffeur au bout du tunnel d’Ambohidahy.

JR.

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