Faute d’avoir vu leurs revendications satisfaites, les employés de l’Aviation civile de Madagascar (ACM) sont passés à l’action hier à Tsimbazaza. Outre leurs réclamations sociales, ils obligent à des éclaircissements sur les auditions de plusieurs d’entre eux par le Bureau indépendant anticorruption (Bianco).
La tension reste vive au sein de la direction. Selon les représentants des travailleurs, le personnel subit un harcèlement moral et diverses formes de pression. Ils affirment que les discussions engagées avec les responsables de l’aviation civile n’ont jusqu’ici pas permis de dégager de solution concrète.
Parmi les revendications figurent l’octroi d’une indemnité de logement, fixée à 200 000 ariary, ainsi que l’application de la hausse salariale de 14 %. Les travailleurs demandent également des réponses sur les questions liées à la CNaPS et aux conditions de retraite.
40 employés convoqués au Bianco
Le dossier suivi par le Bianco alimente également les inquiétudes. Alors que 15 employés avaient été convoqués dans un premier temps, le nombre serait désormais passé à 40, selon les représentants du personnel. L’affaire serait liée au recrutement effectué au sein de l’établissement en 2023, qui aurait concerné près de 200 personnes.
Les représentants affirment que des soupçons de faux diplômes, de corruption et de népotisme sont évoqués dans ce dossier. Ils précisent toutefois que, selon les résultats de la Cour des comptes, il s’agirait plutôt d’une simple « régularisation des dossiers ». Certains employés auraient d’ailleurs déjà été invités à fournir de nouveau les documents relatifs au recrutement de 2023.
Les représentants du personnel s’interrogent ainsi sur les motifs précis des convocations et sur l’origine de l’enquête. Ils souhaitent notamment savoir si celle-ci fait suite à une instruction du président de la Refondation.
De son côté, la Confédération des syndicats des travailleurs malagasy révolutionnaires (Fisemare) a déjà démenti tout lien entre les auditions et une affaire de faux diplômes. Son coordonnateur national, Jean Raphaël Mananandro, a affirmé que ce motif ne figurait pas dans les convocations et a rappelé que le secret de l’enquête devait être respecté.
Les employés maintiennent leur pression pour obtenir des explications et des solutions aux difficultés soulevées. Le mouvement organisé à Tsimbazaza constitue une nouvelle étape après l’échec des discussions. Les représentants n’excluent pas la poursuite de leur action dans les prochains jours, jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications.
S.A




