La hausse des importations de riz à Madagascar retient actuellement l’attention de l’Autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales (ANMCC). Celle-ci poursuit l’enquête ouverte le 31 août, afin de déterminer si des mesures de sauvegarde, sont nécessaires pour protéger la production nationale.
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a déjà été informée sur le processus de cette enquête, qui porte sur le riz décortiqué, le riz semi-blanchi ou blanchi ainsi que le riz brisure. D’après les chiffres, les importations de riz ont connu une hausse considérable. Elles sont passées de 424 520 tonnes en 2023 à 262 002 tonnes en 2024, avant d’atteindre 800 812 tonnes en 2025, soit une hausse de 205,7%.
« Toutefois, la forte hausse des importations ne suffit pas, à elle seule, à justifier l’application d’une mesure de sauvegarde », a avancé l’ANMCC.
L’enquête se poursuit donc afin de déterminer si cette augmentation cause ou risque de causer un préjudice grave à la production nationale. Elle doit également déterminer les circonstances et les causes de cette augmentation des importations.
Sujet sensible
La question est particulièrement sensible, vu que le riz constitue l’aliment de base des Malgaches. Selon l’Enquête permanente auprès des ménages 2021-2022 de l’Instat, 60,3 % de la production rizicole des ménages cultivateurs est destinée à l’autoconsommation, contre 33,7 % à la vente. Le riz représente également 57,1 % du revenu agricole de ces ménages.
Mais, une éventuelle restriction des importations affecte tout le monde, pas seulement les producteurs. L’approvisionnement du marché et les intérêts des consommateurs devraient également être pris en considération. L’Accord de l’OMC sur les sauvegardes prévoit d’ailleurs que l’intérêt public puisse être examiné dans le cadre de la procédure.
Les équipes de l’ANMCC multiplient donc les déplacements dans les bassins rizicoles, pour évaluer la situation sur le terrain. Après les missions menées dans les régions d’Analamanga, de Bongolava, d’Alaotra-Mangoro et de Menabe, elles poursuivront leurs opérations à Boeny et dans la Sofia, avant de s’étendre dans d’autres localités, selon les besoins de l’enquête. L’objectif est de confronter les données nationales sur les importations aux réalités économiques de la filière.
Jean Riana





