Affaire Namontana: la situation s’envenime

La fusillade meurtrière survenue jeudi dans la soirée à Namontana, a connu de multiples rebondissements depuis dimanche et particulièrement, hier. Entre bavure policière et légitime défense, cette intervention musclée a provoqué un tollé de réactions. Dans une vidéo diffusée hier matin, la procureure de la République a annoncé l’ouverture de deux enquêtes distinctes au niveau d’une cellule mixte. De son côté, la partie civile a déposé une plainte au tribunal.

Les éléments de l’Unité d’intervention rapide (UIR) auraient pensé avoir réalisé une opération d’envergure réussie, jeudi vers 23h, sans se rendre compte qu’ils s’étaient trompés de cibles. Sept individus ayant marché dans une ruelle de Namon­tana, quelques minutes après une alerte pour vol avec agression, sont tombés nez à nez avec eux. Et, les coups de feu ont retenti, provoquant la mort d’un des membres du groupe et des blessures sur les six autres.
Le groupe était en réalité le personnel de la Gastro­nomie Pizza Soanierana. Il a accompagné deux supérieurs hiérarchiques qui allaient rentrer du travail. C’était d’ailleurs la pratique quotidienne de cette société depuis une dizaine d’années, mais aucun incident de ce genre ne s’est produit auparavant. Le lendemain, c’est-à-dire vendredi, les faits n’étaient pas encore rendues publiques sur les réseaux sociaux.

Deux enquêtes distinctes
Cependant depuis di­manche, la toile s’est enflammée. La police a dû s’exprimer pour rapporter sa version. Puis hier, la procureure de la République près le tribunal de première instance d’Anosy, a annoncé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, l’ouverture de deux enquêtes distinctes au niveau de la cellule mixte d’enquête : l’une concerne le vol pour lequel la police a été alertée ayant motivé la descente de l’UIR, tandis que l’autre est liée aux possibles manquements de la part des policiers dans l’exercice leurs fonction.
Pour leur part, les victimes des tirs et le gérant de la Gastronomie Pizza Soanie­rana ont déposé une plainte au tribunal, selon leur avocate. En effet, devant la presse, hier à Anosy, l’avocate et le gérant ont indiqué que des policiers en tenue civile sont encore venus dans les locaux de la société, vendredi, pour amener avec eux le gérant et deux employés légèrement blessés durant la fusillade qui ont pu sortir de l’hôpital. En outre, à part l’homme tué par balles, un autre a besoin d’intervention chirurgicale pour extirper une balle plantée dans son corps.

LR

Partager sur: