Enfin, on va procéder à l’assainissement de la cité universitaire d’Ankatso ! Du moins, c’est ce qui a été décidé en haut lieu. C’est une décision qui aurait dû être engagée depuis plusieurs dizaines d’années. Et cet assainissement doit se faire sur tous les points de vue.
Qu’il s’agisse des occupations irrégulières de la cité universitaire ou de l’état de décrépitude dans lequel se trouve la cité universitaire aujourd’hui, ils sont à la source de nombreux problèmes. En vérité, cela ressemble de loin à une cité universitaire. On pourrait plutôt l’assimiler à un souk.
En effet, beaucoup d’étudiants devraient bénéficier d’un logement universitaire. Mais en fait, ils n’y ont pas accès pour de nombreuses raisons. Parmi celles-ci, on peut principalement citer le fait que les cités universitaires sont surpeuplées. De plus, les attributions sont entachées d’irrégularités.
Nul n’est besoin de pointer du doigt l’incapacité des gouvernements qui se sont succédés de construire de nouvelles cités universitaires. Cela n’a jamais figuré parmi leurs priorités. Et pour une raison ou une autre, la situation qui prévalait dans les cités universitaires leurs convenait pour des raisons d’ordre politique.
Néanmoins, les logements qui existent devraient être tout de même attribués à ceux qui en ont le droit. Ce qui n’est pas le cas. Il faut savoir que de nombreux occupants de logements universitaires n’ont plus le droit d’y habiter. Tout d’abord, il y a ceux qui ne poursuivent plus leurs études.
Ce sont ces « éternels » étudiants qui passent plus leur temps dans les maisons de débit de boisson ou salles de jeux que dans les salles de cours. Ils utilisent de nombreuses artifices pour faire le tour des facultés et donc continuer à bénéficier d’un logement universitaire dont le principal avantage est le minimum de charge.
Ensuite, il y a ceux qui ont déjà terminé leurs études et sont donc entrés dans la vie active. Ils continuent à occuper les logements universitaires afin de payer le moins de charge (loyer, eau et électricité, …). Dans ce cas de figure, c’est toute une smala qui occupe le logement universitaire.
Certes, parfois il est difficile de faire la distinction entre le bon grain et l’ivraie. Mais quoi qu’il en soit, il y a un manque manifeste de contrôle de la part des responsables des logements universitaires, qu’il s’agisse de l’administration universitaire ou des comités estudiantins pour l’attribution de logement.
Mais le plus déplorable est l’existence de corruption dans le système d’attribution de logement universitaire. L’obtention d’un logement peut passer par une véritable transaction financière alors que c’est un droit absolu pour certaines catégories d’étudiants.
Et cette impossibilité de jouir d’un logement universitaire peut compromettre profondément la poursuite des études surtout quand les parents n’ont pas les moyens pour assurer la location d’un logement en dehors de la cité universitaire.
Cette action d’assainissement doit être menée dans toutes les cités universitaires du pays où le même problème existe, même si on se décidait maintenant à construire de nouvelles cités universitaires, il faut d’abord complètement assainir celles qui existent. C’est un préalable incontournable.
Ranaivo Lala Honoré





