Situation répétitive

À l’université, les débats devraient normalement se régler à coups d’arguments, de statistiques et, pourquoi pas, de longues réunions. À Antsiranana, dernièrement, c’est malheureusement une autre méthode qui s’est imposée dans le différend autour de la répartition des chambres universitaires. Des pierres ont remplacé les paroles, des étudiants ont été blessés et un bâtiment flambant neuf s’est retrouvé au cœur d’une querelle qui dépasse largement la question des dortoirs.

Il y a quelque chose de paradoxal dans cette affaire. On construit des infrastructures pour améliorer les conditions d’études, mais, au moment de les attribuer, celles-ci deviennent une source de discorde. Comme quoi, inaugurer un bâtiment est une chose, réussir à le faire vivre dans un esprit de partage en est une autre.

Le problème, au fond, ne concerne pas uniquement le nombre de chambres attribuées à telle ou telle région. Il touche aussi à la manière dont les décisions collectives sont prises et acceptées. Dès lors que certains étudiants ont le sentiment d’être lésés, la moindre répartition peut être interprétée comme une injustice. Et lorsque chaque groupe campe sur ses positions, les chiffres finissent par compter moins que les perceptions.

Une université accueille des étudiants venus d’horizons différents. Elle devrait justement être le lieu où les différences apprennent à cohabiter, plutôt que celui où elles deviennent des motifs d’affrontement. Les origines régionales font partie des identités de chacun, mais elles ne devraient jamais se transformer en frontières à l’intérieur d’un même établissement.

Autre leçon, et non des moindres, c’est le fait que les décisions qui touchent directement les étudiants gagnent à reposer sur des critères clairs, connus de tous et vérifiables. Qui bénéficie d’une chambre ? Selon quels besoins ? Sur la base de quels critères ? Lorsque ces questions trouvent des réponses précises avant que les tensions n’éclatent, les risques de contestation peuvent être mieux maîtrisés. La transparence ne garantit pas l’absence de désaccord mais elle permet au moins de discuter sur des bases communes. Aussi simple que ça.

Rakoto

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